Dominique Asselin, fondateur de l'Académie du Trésor, et Sophie Binette, enseignante et formatrice de l'Académie du Trésor, expliquent aux élèves de 6e année de l'école Carillon les principes de base de la finance personnelle. La formation de 15 heures est une activité para-scolaire très populaire auprès des jeunes et, si tout va bien, de plus en plus d'élèves de la région de Sherbrooke y auront accès.

Des trucs pour bien gérer son portefeuille

Les gens sont de plus en plus endettés et ils le sont de plus en plus jeunes, répètent les spécialistes.
Dans le dernier budget provincial, le gouvernement met en place des mesures pour remédier à la littératie financière au Québec et souligne du même coup le travail de l'Académie du Trésor, un programme de formation des élèves du primaire, secondaire et collégial conçu ici, en Estrie.
L'entreprise à but philanthropique offre gratuitement des formations en finances adaptées aux jeunes de 10 à 20 ans.
« En septembre 2010, les premières formations étaient données et, aujourd'hui, sept établissements de l'Estrie et de la Montérégie font appel aux services d'une trentaine de nos formateurs bénévoles», déclare l'instigateur de ce projet éducatif Dominique Asselin.
La formation est pour le moment une activité parascolaire, mais elle sera intégrée dans le programme obligatoire d'une école secondaire de Sherbrooke dès l'automne prochain tellement il est apprécié. « Le total de nos participants dans cette école passera de 30 à 165. D'autres écoles seront peut-être tentées d'emboîter le pas «, commente avec enthousiasme M. Asselin.
« Déjà, le nombre d'inscriptions dépasse largement les places disponibles pour les cours donnés le midi et après les heures de classe. Nous sommes obligés de tirer au sort le nom des participants, précise M. Asselin. À ce jour, nous avons 155 diplômés auxquels nous avons remis en jetons quelque 26 000 $. »
Les bonnes notes sont payantes
À sa graduation, l'élève reçoit un jeton en or, argent ou bronze dépendamment de sa note à l'examen final. Ce jeton se convertit en unités de participation dans un fonds d'investissement géré par l'Académie du Trésor.
« Par exemple, un élève du primaire ou du secondaire qui a 85 % et plus obtient un jeton or qui a une valeur de 150 $. Celui qui a une note entre 75 et 85 % a un jeton argent qui vaut 125 $. Cet argent est investi dans un fonds et les élèves peuvent suivre au jour le jour sur internet la valeur de leur investissement. L'objectif premier n'est pas de faire du rendement, mais de maintenir l'intérêt des jeunes et de passer de la théorie à la pratique «, explique M. Asselin précisant qu'il vaudrait mieux perdre 150 $ aujourd'hui en s'éduquant que 150 000 $ plus tard par manque de connaissance.
Les élèves doivent conserver leur investissement au minimum cinq ans ou jusqu'à leur majorité.
Jamais trop jeunes pour apprendre
L'intérêt pour cette formation est indéniable. Même chez les plus jeunes. « On leur apprend par exemple la différence entre un besoin et un désir. On leur demande de magasiner un vélo sur internet selon leurs besoins. Les parents sont heureux, car les jeunes comprennent qu'ils n'ont pas besoin d'espadrilles à 110 $ et que ceux à 40 $ répondent à leurs besoins », raconte M. Asselin.
Reconnaissant, un participant du cégep a remis son jeton d'une valeur de 200 $ à l'Académie afin de permettre à un autre jeune d'être formé.
« Un élève de Moncalm, expulsé de l'école pour mauvais comportements, a même demandé à la directrice s'il pouvait poursuivre son activité parascolaire avec l'Académie et a obtenu la note la plus élevée de son groupe! »
Demande plusgrande que l'offre
La croissance du nombre de diplômés dépend du financement du matériel pédagogique et des jetons.
À ce jour, M. Asselin et d'autres donateurs privés ont investi 100 000 $ dans le programme (et des milliers d'heures). Récemment, l'Autorité des marchés financiers a octroyé 70 750 $ à l'Académie pour perfectionner la formation en ligne des bénévoles et rendre le site compatible au iPad.
L'Académie est aussi éligible à une subvention de 200 000 $ pour les deux prochaines années. Un donateur privé s'est aussi engagé à verser 150 000 $.
Si le financement suit, le nombre d'écoles participantes pourra grimper rapidement. « On discute actuellement avec la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke et on s'en qu'il y a des portes d'ouvertes », souligne M. Asselin.
Les trois grands thèmes abordés sont la budgétisation, la gestion du crédit et les stratégies d'investissement. La formation au primaire et secondaire est de 15 heures alors que celle destinée aux étudiants du collégial est de 25 heures.