Des proprios de Mégantic insatisfaits des offres de Québec

L'enveloppe prévue par Québec pour le rachat des bâtiments au centre-ville de Lac-Mégantic est peut-être passée de 20 M$ à 37 M$ en quelques mois, la situation n'est toujours pas au beau fixe entre les propriétaires de la zone rouge et le gouvernement.
Pour encore une semaine, la trentaine de propriétaires sont rencontrés individuellement par des représentants de la Ville, des différents ministères impliqués et des services psychosociaux. Bien qu'en coulisses plusieurs se plaignent de l'évaluation qui leur est présentée, le député de Mégantic Ghislain Bolduc croit qu'il s'agit d'un prix juste et équitable.
« Certains peuvent avoir une opinion différente, mais la juste valeur marchande n'est pas subjective. C'est un programme qui vient compléter celui du ministère de la Sécurité publique, alors il ne couvre pas toutes les dépenses », explique-t-il
Le barème de départ pour établir l'offre de la Ville serait la valeur marchande des bâtiments au 5 juillet 2013, telle qu'évaluée par la firme DeRico Hurtubise en octobre dernier, à laquelle on ajoute la valeur foncière du terrain. Cette évaluation faite en l'absence des propriétaires est, de l'avis de plusieurs, incomplète.
« Je pense qu'ils se rendent compte qu'il y a des améliorations à faire au programme, croit le président de la Chambre de commerce région de Mégantic Pascal Hallé. On nous a dit que déjà certaines informations ont été acheminées au gouvernement, alors je suis optimiste pour la suite des choses. »
M. Hallé est lui-même propriétaire d'un immeuble encore debout dans cette zone.
La politique de rachat a un double objectif : régulariser la situation des propriétaires des 39 bâtiments toujours debout dans la zone rouge, mais aussi valoriser la relance économique de la ville. En ce sens, l'offre de rachat comprend une bonification pour ceux qui réinvestiront d'ici deux ans dans un projet, commercial ou non, à Lac-Mégantic. Ceux-là toucheront l'équivalent de la valeur assurable de leur propriété.
« Le problème, c'est qu'on se retrouve encore avec deux classes de propriétaires, constate Pascal Hallé. D'un côté ceux qui veulent vendre et réinvestir, et de l'autre ceux qui veulent seulement vendre. C'est difficile de prendre une telle décision quand il nous manque des informations. »
Un choix difficile
Pour plusieurs commerçants qui se sont relocalisés depuis dans les condos de la Promenade Papineau, il faudra que soit fixé le prix de rachat de leur espace actuel afin de mieux évaluer si la transaction en vaut la peine. Pour d'autres, il est difficile de faire un choix lorsqu'on ne connaît pas le plan global du prochain centre-ville, alors que le plan directeur des ateliers communautaires « Réinventer la ville » sera dévoilé seulement cet automne. Mais surtout, c'est le risque de migration des sols contaminés qui soulève des questions.
« Il faut enlever toute la terre contaminée pour éviter les problèmes de migration des sols, parce qu'on ne peut pas prédire si ça va arriver ou non, indique Ghislain Bolduc. S'il n'y a pas de garantie que ça n'arrivera pas, qui va vouloir acheter ça? »
« On veut s'assurer que les gens aient la meilleure entente dans les circonstances actuelles », insiste le député de Mégantic
Une deuxième rencontre individuelle entre les propriétaires et les intervenants du milieu aura lieu au mois d'août.