Des maisons autonomes

Construire une maison autonome, qui n'est connectée ni sur le réseau électrique ni sur l'aqueduc. C'est le concept derrière les habitations de type « earthship », qui transforment l'énergie des phénomènes naturels les entourant en énergie utile pour les habitants de la maison.
Francis Gendron, fondateur et propriétaire de l'entreprise sherbrookoise Solutionera, a présenté une conférence à ce sujet à l'Université de Sherbrooke vendredi à l'occasion de la Quinzaine du développement durable, qui se poursuit jusqu'à dimanche.
Comme le concept est encore méconnu au Québec, M. Gendron a expliqué comment ces habitats, dont certains murs sont construits à base de pneus usagés, utilisent le soleil, la pluie et la terre pour maintenir une température agréable à l'intérieur et subvenir aux besoins en eau de ses habitants.
Celui qui a suivi une formation à la Earthship Academy située au Mexique s'est intéressé au sujet par souci de s'impliquer de manière tangible dans le développement durable, mais aussi lorsqu'il a constaté notre dépendance aux diverses structures. « Je trouve que les technologies qu'on a présentement sont très confortables et c'est le fun, mais elles détruisent notre planète sur plusieurs aspects et nous rendent très dépendants », dit-il, donnant en exemple les difficultés que l'on peut rencontrer lors de pannes d'électricité prolongées. Il propose donc de remplacer les systèmes actuels par des « technologies résilientes », qui s'intègrent dans l'environnement.
Pour l'instant, aucune résidence correspondant totalement aux normes earthship n'est bâtie au Québec, bien qu'il en existe une qui s'en approche à Chertsey, au nord de Montréal. Cette absence s'explique en partie par la sévérité du Code de construction du Québec, croit Francis Gendron, qui est actuellement à développer un modèle qui pourrait permettre la construction d'earthship résidentiels au Québec.
Si des modèles modestes peuvent être construits à partir d'aussi peu que 25 000 $, une résidence earthship complète avec serre intégrée vaudrait autour de 200 000 ou 300 000 $, soit un prix qui se rapproche du marché actuel de certaines maisons traditionnelles.
Serres du futur
En attendant que les projets earthship résidentiels prennent leur envol, Francis Gendron applique la même philosophie aux serres, au sujet desquelles la loi est moins stricte. « Au Québec, notre plus gros impact environnemental est relié à la nourriture, parce qu'elle vient de tellement loin », souligne M. Gendron.
Il faut dire que chauffer des serres traditionnelles pour les garder en activité l'hiver coûte très cher au Québec. Or, selon le modèle qu'il a élaboré, M. Gendron croit qu'il serait possible de ne chauffer la serre que pendant les trois mois les plus froids de l'année. L'objectif étant évidemment d'augmenter la production de nourriture locale, pour encore une fois réduire les impacts humains sur l'environnement.
Francis Gendron offre des formations sur ce qu'il appelle les « technologies du futur »; on peut avoir plus d'information sur le site http://www.solutionera.com/.
La programmation complète de la Quinzaine du développement durable est disponible sur le site http://udesdurable.org/.