Des courriels détournés vers la mairie?

Des courriels destinés à des conseillers indépendants auraient-ils été détournés par le cabinet de la mairie? Le citoyen Denis Pellerin a posé la question lors des consultations publiques sur la réforme de la gouvernance, la semaine dernière. Il avait constaté que le lien vers les adresses de messagerie électronique de Jean-François Rouleau, Nicole Bergeron et Chantal L'Espérance, sur le site de la Ville de Sherbrooke, renvoyait vers l'adresse de la mairie (mairie@ville.sherbrooke.qc.ca).
En réponse aux interrogations de M. Pellerin, le maire Bernard Sévigny a indiqué que ces adresses avaient été utilisées à la demande des conseillers et que tous les courriels leur étant acheminés à la mairie étaient redirigés vers leurs boîtes personnelles. Les trois élus en question ont toutefois réfuté en partie cette explication, assurant qu'ils n'avaient jamais demandé une redirection de leurs messages.
«C'est Denis Pellerin qui m'a informée de la situation. L'utilisation du courriel de la mairie ne s'est pas faite à ma demande. Je n'étais pas contente quand je l'ai appris. C'est certain que ça paraît étrange, mais je ne veux prêter de mauvaises intentions à personne et la modification de l'adresse a été faite dès que je me suis aperçue de l'erreur», indique Chantal L'Espérance.
La conseillère du district du Domaine-Howard confirme que les courriels lui étaient transférés du cabinet de la mairie. «Mais je n'ai aucune idée depuis combien de temps la situation durait. N'eût été l'intervention de M. Pellerin, je ne l'aurais pas su. C'est certain que j'ai pensé qu'il pouvait y avoir des intentions derrière cette erreur quand j'ai vu le nom des trois conseillers concernés. Nous nous opposons tous les trois au projet de réforme du Renouveau, mais en même temps, les autres opposants auraient aussi été ciblés s'il y avait eu de mauvaises intentions», commente-t-elle.
«Je ne reçois pas des courriels qui sont des secrets d'État, mais je préfère quand même être la seule qui les lise. Si quelqu'un d'autre lit mes messages en même temps que moi, ça m'interpelle.» Mme L'Espérance utilise maintenant une adresse comme celle de tous les employés de la Ville de Sherbrooke, avec son nom complet et l'extension @ville.sherbrooke.qc.ca.
Jean-François Rouleau assure avoir toujours souhaité utiliser son adresse personnelle. «Elle est publique. Je l'ai distribuée à 2200 portes pendant la campagne. Pour moi, c'est une simple erreur administrative, mais je n'ai jamais demandé que le courriel de la mairie soit celui qui soit divulgué sur mon profil à la Ville de Sherbrooke. Je nie fortement ce qu'a affirmé M. Sévigny. Mais je n'ai pas peur de l'espionnage. J'ai confiance en la mairie et je ne doute aucunement de son intégrité.»
Même son de cloche de Nicole Bergeron. «C'est une citoyenne qui m'a appris l'erreur. Le changement n'avait pas été fait à ma demande. Je n'ai pas fouillé plus loin pour savoir pourquoi il y avait eu erreur et je ne tiens pas à faire d'esclandres avec ça. La situation a été corrigée et je ne prête aucune mauvaise intention aux gens du cabinet.»
Au cabinet de la mairie, on confirme que la redirection des adresses de courriel avait cours au moins depuis 2007. La boîte de courriel de la mairie est gérée par une secrétaire-réceptionniste qui renvoie aux élus concernés les messages qui leur sont adressés. On estime à un ou deux par semaine le nombre de messages qui devaient être réacheminés. On réitère qu'il n'y a eu aucun détournement.
Après chaque élection, la liste des coordonnées de tous les élus, y compris les adresses de courriel, a été acheminée aux conseillers et au maire dans l'objectif de valider les renseignements recensés. La liste de 2009, dont La Tribune a obtenu copie, identifie clairement l'adresse mairie@ville.sherbrooke.qc.ca pour les trois conseillers concernés. Aucune demande de modification n'avait été effectuée.
Tous les courriels des élus sont maintenant personnalisés sur le site de la Ville de Sherbrooke, à l'exception de celle du maire, qui pointe vers mairie@ville.sherbrooke.qc.ca.