Des conditions sévères à respecter pour un père incestueux libéré

Libéré d'office de sa peine de détention de quatre ans et demi de prison, un père incestueux de Sherbrooke est soumis à de sévères conditions.
L'homme de 28 ans, dont il faut taire le nom pour préserver l'identité de sa jeune victime, purge une peine de prison pour divers délits de nature sexuelle, dont inceste, agression sexuelle avec sa conjointe, contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels, voies de fait, accès à de la pornographie juvénile et vol.
Le couple a commis de nombreux gestes à caractère sexuel sur sa fillette alors qu'elle était âgée de 15 à 18 mois, entre octobre 2010 et janvier 2011, pour assouvir les pulsions sexuelles de l'individu. Ils ont été condamnés à des peines de prison en 2011.
«Votre conjointe a été complice à certaines reprises. Vous avez tous deux visionné de la pornographie juvénile. Elle a également écopé d'une peine sous juridiction fédérale», mentionne la décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC).
La CLCC impose à ce père incestueux de demeurer en maison de transition jusqu'à l'expiration de sa peine. Il ne pourra communiquer avec sa victime, doit éviter de se trouver seul en présence d'enfants de moins de 18 ans et informer les autorités de toute relation amicale ou sexuelle avec des personnes qui ont des enfants de moins de 18 ans. Il ne pourra non plus se procurer de matériel pornographique, utiliser un ordinateur ou avoir un accès non surveillé à Internet.
La décision de la CLCC fait état que l'accusé présente un risque élevé et que son potentiel de réinsertion sociale est modéré.
La décision de la CLCC fait état que l'accusé présente un risque élevé et que son potentiel de réinsertion sociale est modéré.
«L'évaluation sexophysiologique a présenté un profil valide et déviant. Vous vous seriez montré exclusivement excité par des stimulus déviants impliquant des contacts sexuels avec ou sans violence sur des fillettes et des garçonnets prépubères», explique le rapport de la CLCC.
La CLCC rappelle que l'accusé provient d'un milieu familial dysfonctionnel. Placé en famille d'accueil, abusé sexuellement et physiquement, diagnostiqué d'un déficit de l'attention avec hyperactivité, victime d'isolement et d'intimidation, l'individu a expérimenté diverses pratiques sexuelles dès l'adolescence allant de la prostitution au sadomasochisme en passant par l'inceste et la pédophilie.
«Les principaux facteurs en lien avec votre comportement criminel sont des distorsions cognitives importantes, la mauvaise gestion des émotions, la fréquentation des pairs déviants, le manque de considération pour autrui, la gratification immédiate et des carences affectives importantes (...) La Commission constate que votre criminalité est grave et persistante. Vos problématiques sont nombreuses et datent de votre enfance pour la plupart», estime la CLCC.