Des citoyens tentent d'empêcher une coupe massive d'arbres

L'école Sherbrooke Elementary School a été le théâtre lundi  d'un affrontement entre des contractants et des citoyens outrés venus empêcher la coupe d'arbres prévue sur la propriété.
L'école, qui est située sur la rue de l'Ontario, a mandaté la firme de génie civil Gestimaction pour la construction d'une clôture afin de délimiter le périmètre de la cour d'école et des travaux de raccordement tout près du stationnement. Ces travaux ont aussi nécessité l'abattement d'une dizaine d'arbres, trop au goût de Claudelle Cyr et d'autres résidants des alentours qui se sont sentis bernés par la Commission scolaire Eastern Townships et son contractant.
Les travaux devaient entraîner une coupe d'une trentaine d'arbres initialement, mais le contractant avait avisé les citoyens qu'un ou deux arbres seraient sacrifiés après que ces derniers aient exprimé leur mécontentement à la conseillère municipale du District du Domaine Howard, Chantal L'Espérance.
Les travaux ont tout de même été effectués hier, en dépit de la levée de boucliers, sous les insultes et les regards consternés des citoyens qui s'étaient déplacés autour du chantier. Mme Cyr évoque même que les travailleurs auraient lancé des branches d'arbres à l'aide d'une pelle mécanique sur une protestante : une intervention policière a été nécessaire afin de calmer les esprits.
Un inspecteur avait été dépêché sur les lieux hier en matinée pour tenter d'offrir une alternative, puis il y est retourné en après-midi pour constater que le contractant ne dérogeait pas de la règlementation : la Ville avait bel et bien fourni un permis à l'école et en fonction des règles d'urbanisme en vigueur, le contractant était en droit d'abattre les arbres qui pouvaient nuire à l'exécution des travaux, et ce, même si un permis d'abattage n'avait pas été émis.
Des règlements à revoir
«On est un peu démuni, concède d'emblée Mme L'Espérance. On fonctionne beaucoup sur la bonne foi des gens, je suis désolée de voir que dès qu'on a le dos tourné, ils en profitent.» Mme L'Espérance dénonce également que l'école, qui doit éduquer les jeunes, prenne des décisions qui vont à l'encontre de la protection de l'environnement. Elle souhaite que la prochaine refonte des règlements d'urbanisme donne aux conseillers municipaux davantage de dents afin de resserrer les normes en matière d'abattage d'arbres.
Joint par téléphone, le président de Gestimaction, Sylvain Latour, n'a pas voulu commenter, soulignant que «la situation avait été réglée avec les personnes concernées». La Commission scolaire Eastern Townships n'a pas émis de commentaires non plus sur sa décision.