Des citoyens pressent Irving de décontaminer

Les citoyens du secteur des rues Hertel et des Quatre-Pins en ont assez de la lenteur des travaux de décontamination sur le site de l'ancien dépôt pétrolier de la compagnie Irving, au 120 rue des Quatre-Pins. Les citoyens, lors d'une rencontre avec deux représentants du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs et deux représentants de la Ville de Sherbrooke, fin janvier, ont convenu de demander l'appui de la Ville dans le dossier.
Le conseiller Marc Denault a d'ailleurs déploré la situation, lundi lors de la séance du conseil municipal. « Les citoyens sont inquiets de l'état visuel du site, mais aussi des dangers de contamination. Nous avions eu une rencontre en février 2013. On nous disait qu'on avait déjà retiré environ 10 000 tonnes de terre contaminée et qu'il restait 4000 tonnes. On nous indiquait alors que les travaux seraient terminés avant la fin de l'année. »
Or, le Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs n'aurait pas été en mesure d'assurer le suivi l'été dernier en raison des ressources consacrées à la catastrophe de Lac-Mégantic. Et les travaux n'auraient pas eu lieu.
Selon le conseiller Denault, le dépôt pétrolier a été ouvert en 1973 et a cessé ses activités en 2006. « Qu'on se pose des questions aujourd'hui est des plus raisonnable. Selon le rapport de la compagnie Inspect-Sol, les sols et une partie de l'eau souterraine étaient contaminés. Le temps a passé et il n'y a pas eu de gestes de faits chez Irving. Nous demandons donc à la Ville de voter une résolution pour accroître la pression sur la compagnie. »
En 2012, le Ministère avait délivré un avis d'infraction à la pétrolière Irving parce que la décontamination n'avait pas été terminée dans les délais prévus. Le zonage résidentiel et commercial du secteur force par ailleurs la compagnie à décontaminer en profondeur.
M. Denault ajoute craindre que la Ville ou les citoyens doivent payer la facture. « Si la contamination se rend sur un terrain municipal ou résidentiel, c'est le propriétaire du terrain qui devient responsable, qui doit prouver l'origine de la contamination et entreprendre des actions en justice », avance-t-il en citant l'avis d'un fonctionnaire de la Ville.
L'élu du district de Montcalm est d'autant plus craintif que le site en question est situé à proximité de la rivière Magog.
La citoyenne Cynthia Veilleux habite pour sa part la rue Raimbault depuis cinq ans. « On a peur que ça en reste là », exprime-t-elle.
« Nous avons entendu que les travaux ont été arrêtés pour des raisons financières. Nous craignons que plus la décontamination avance, plus ils se rendent compte que la contamination est importante. Nous savons que la contamination n'a pas atteint la rue Hertel pour le moment, mais ça viendra si rien n'est fait. J'imagine que ça peut être mauvais pour la santé. Et si nous voulons vendre par la suite, il y aura dépréciation de notre terrain », ajoute Mme Veilleux.
Se sentant impuissante, Cynthia Veilleux cherche des solutions. « Je n'ai pas l'impression que c'est une situation que nous pouvons laisser aller. C'est un peu comme si Irving ne voulait pas mettre d'énergie et d'argent là-dedans. »