Des citoyens de Lac-Mégantic dénoncent l'isolement

Alors que les organisateurs espéraient entre 100 et 150 participants, ce sont finalement tout près de 300 citoyens qui auront pris part dimanche à la marche de protestation pour faire connaître leur mécontentement à la suite de la fermeture du pont Agnès, qui reliait le secteur Fatima au reste de la ville de Lac-Mégantic jusqu'au 6 juillet dernier.
Parti de l'ancienne église de Notre-Dame-de-Fatima, qui tombera sous peu sous le pic des démolisseurs, le groupe de manifestants s'est mis en branle sur le coup de 11 h pour se diriger vers le pont. « On veut notre droit de passage » était le cri de ralliement de cette marche qui s'est déroulée dans le calme à la demande même de l'instigateur de la manifestation, Richard Poirier.
De nombreuses questions furent adressées aux autorités au terme de cette marche qui se terminait aux abords du pont.
Plusieurs citoyens se questionnaient à savoir qui, de la Ville, du gouvernement ou même de l'entrepreneur chargé des travaux en cours empêche la réouverture piétonnière pour circuler d'un secteur à l'autre.
Oubliés
M. Poirier s'est même dit surpris de voir qu'aucune manifestation n'ait eu lieu jusqu'à ce jour, plus de sept mois après la tragédie. Dans son allocution, ce dernier a tenu à rappeler que la première ministre du Québec, Pauline Marois, avait assuré à la population méganticoise que son gouvernement ne la laisserait pas tomber. Depuis ce temps, les citoyens de l'ancien secteur de Fatima se sentent oubliés, malgré les sommes importantes allouées à la reconstruction de la ville.
M. Poirier a insisté sur le fait que la reconstruction du moral des citoyens est une tâche tout aussi importante et qu'avec de la bonne volonté, on pourrait arriver à trouver une solution satisfaisante pour tout le monde.
Ayant appris que le nouveau pont serait opérationnel seulement en août prochain, les citoyens sur place ont indiqué qu'ils ne veulent pas attendre jusque-là pour reprendre possession de leur ville. Cette situation fait en sorte que la ville est divisée plus que jamais, et cela entraîne son lot de « découragement, d'isolement et même d'écoeurement », a lancé M. Poirier sous de chauds applaudissements.
Aucun représentant de la Ville n'ayant été sur place, il faudra attendre pour voir la réaction des autorités à la suite de cette marche de protestation. Ces citoyens promettent de revenir à la charge si leur demande n'est pas prise en considération.