Des changements à ne pas prendre à la légère

Si la relocalisation des aînés qui ont perdu leur logis en raison de la fermeture annoncée des Résidences de la Cathédrale et des Résidences Saint-François s'est bien déroulée, il ne faudrait toutefois pas prendre ses conséquences «à la légère» soutient le CSSS-IUGS.
«Une personne âgée va avoir plus de difficultés à trouver de nouveaux repères et à s'adapter, explique Sylvie Côté, gestionnaire de cas au CSSS-IUGS. En plus de se demander si elle va réussir à trouver un endroit qui répond à ses besoins et qui respecte ses capacités financières, qui sont souvent moindres, elle perd des gens qu'elle aime, des amis qui vont aller ailleurs parce qu'ils ne vont pas la suivre dans la même résidence et du personnel en qui elle avait confiance.»
Un tel déménagement forcé chez des personnes âgées engendre donc chez elles un stress immense qui peut parfois avoir des répercussions tant sur leur santé mentale que leur santé physique.
«Relocaliser une personne qui a des problèmes cognitifs dans un nouveau milieu, ça peut amener un délirium et de la confusion. Les personnes peuvent se détériorer au niveau cognitif. Souvent, c'est un événement qui va déclencher une évolution à ce niveau et qui ne va pas nécessairement revenir. Ça peut aussi amener des troubles comportementaux», indique Mme Côté.
«L'anxiété peut aussi faire en sorte qu'un problème cardiaque va s'accentuer ou qu'une maladie pulmonaire chronique va s'aggraver, continue la gestionnaire de cas du CSSS-IUGS. Ça se peut également qu'un problème physique ne soit pas un problème là où ils sont, mais que ça en devienne un. Quelqu'un qui loge au rez-de-chaussée, qui est près de tous les services et qui est habitué de marcher, qui se retrouve au troisième étage d'une nouvelle résidence, ça peut dépasser ses capacités. Il ne faut pas prendre ces changements à la légère.»
Qui plus est, il n'y a pas que chez les aînés que des répercussions se font sentir. Leurs proches doivent également confronter leur part de difficultés.
«Pour les proches ça a aussi un impact. Ils avaient choisi une résidence qui n'était pas trop loin de chez eux. Là, parce qu'on a eu un gros groupe de gens à relocaliser, les places ne sont pas nécessairement disponibles près d'eux. Les proches ne sont pas tous jeunes, ils doivent aller loin, à l'autre bout de la ville, et ils n'ont pas nécessairement de voiture, ce qui fait qu'il y a moins de visites pour l'aîné. Ça va peut-être en avantager certains, mais ce n'est pas la majorité. Il faut aller où il y a de la place...»
C'est pourquoi le travail du personnel du CSSS-IUGS ne se terminera pas le 31 juillet, date à laquelle les aînés devraient tous avoir été relocalisés, mais qu'il se poursuivra également après, explique Mme Côté.
«On va s'assurer que ça va bien à la résidence où ils sont, même après le déménagement, surtout pour ceux qui ont des intervenants. Tous les efforts sont mis pour assurer la transition et mettre des services et des interventions la facilitant», résume Sylvie Côté.