Marc Denault

Des appuis pour la proposition de Rouleau

La proposition du conseiller Jean-François Rouleau de lever le huis clos sur les ateliers de travail du conseil municipal reçoit un certain appui de ses collègues. Certains d'entre eux apportent des précisions aux déclarations du maire Bernard Sévigny, qui justifiait que des élus peuvent interagir différemment en public ou derrière des portes closes.
<p>Nicole Bergeron</p>
« C'est pour ça que je réclame haut et fort la levée du huis clos. Encore une fois, je suis déçu de la déclaration de M. Sévigny. Je vais continuer à demander une ouverture des portes. Ce que j'ai entendu en campagne c'est que les gens veulent que ce soit transparent », indique Jean-François Rouleau.
Il convient toutefois que « des conseillers tiennent des propos différents en privé et quand vient le temps de voter ».
« Depuis longue date il y a des gens qui interviennent très peu en huis clos et interviennent beaucoup en public. Moi, j'essaie d'intervenir le plus possible, mais ça devient redondant quand le même dossier est traité en huis clos, en plénier devant médias et en séance du conseil municipal. Dans certains cas, nous pourrions couper le tape et aller directement en public, sinon, ça devient théâtral », intervient Marc Denault.
« Je suis convaincu qu'il y a des élus qui sont plus à l'aise de poser des questions en privé, mais il faut amener ces interrogations sur la place publique. Il faut montrer qu'on s'est vraiment penché sur les dossiers », poursuit M. Denault.
Échanges parfois directs
Nicole Bergeron abonde dans le même sens, confirmant que les échanges sont parfois plus directs quand les propos ne sont pas enregistrés.
« Il y a un certain jeu d'influence. On ne parle pas toujours de la même façon quand on sait qu'on est écouté. On peut moduler certains propos ou certaines attitudes. Mais ce qui peut arriver, si on nous donne un temps de réflexion de quelques jours ou semaines, c'est que nos idées cheminent et que nous ne soyons pas au même point au moment du vote. Je ne peux toutefois pas croire que les gens modifient fondamentalement leur vote », précise-t-elle.
« La politique, c'est beaucoup de stratégie. Parfois, des gens viendront mêler les cartes et dire qu'ils seront favorables ou pas à un projet pour éviter de dévoiler leur jeu. Dans un contexte de parti, il y a encore plus de stratégie. »
Sa collègue Hélène Dauphinais apporte de nouvelles nuances. « Si quelque chose me déplaît, je l'exprime en huis clos et si la réponse me satisfait, je ne l'apporterai pas en public. Le huis clos permet parfois de débattre de façon plus franche et plus directe, mais je n'aurais pas de problème avec des débats en public. Les citoyens seraient plus informés d'où ça accroche. Il serait intéressant que certains sujets du plénier soient débattus en public même s'il y a peut-être des conseillers qui interviendraient moins. »
Tous les élus sondés assurent que leurs votes ne changeraient pas si les sujets traités à huis clos faisaient l'objet d'un débat en public. « Moi ça ne changera rien à la façon dont je vais prendre mes décisions. Je prends mes décisions selon les convictions que je porte, que ça se fasse à huis clos ou devant public. On pourrait convenir qu'on essaie et ajuster si ça ne fonctionne pas. Je pense qu'il est légitime de recevoir une demande comme celle de M. Rouleau », insiste Nicole Bergeron.
Quant au vote indicatif, tenu lors des séances à huis clos pour obtenir la mesure de l'approbation des élus, il ne fait pas l'unanimité. « Moi, j'ai toujours refusé de voter aux votes indicatifs », tonne Jean-François Rouleau.
« Je ne suis pas chaud aux votes indicatifs, surtout quand on arrive avec des dossiers à la dernière minute. Ce vote peut déterminer si on amène un projet en public immédiatement ou pas » renchérit Marc Denault.
Rappelons que les élus se pencheront sur la possibilité de lever le huis clos sur certains ateliers de travail lors d'une séance du comité plénier, à huis clos, le 10 mars prochain.