Yves Desjardins est président et directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés.

Des aînés chez eux et en sécurité

La moyenne d'âge dans les résidences pour aînés est maintenant de 84 ans, alors qu'elle était de 79 ans il y a sept ans. Si les aînés québécois vieillissent à un rythme accéléré, ce n'est cependant pas le cas des budgets qui leur sont alloués pour favoriser le maintien à domicile. Ainsi, tous les partis politiques s'entendent sur un fait : les aînés doivent rester à domicile le plus longtemps possible.
Or, les moyens qu'ils ont pour le faire sont insuffisants - ou pratiquement, clame le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), Yves Desjardins.
Dans le cadre de la campagne électorale, le RQRA a son carnet de commandes pour les partis politiques qui se battent pour le pouvoir : il faut bonifier les crédits d'impôt pour le maintien à domicile pour les aînés à faible revenu, et il faut aider les résidences à affronter les coûts d'installation de gicleurs - une façon d'augmenter les chances qu'une tragédie comme celle de L'Isle-Verte ne se reproduise pas.
«Présentement au Québec, le coût moyen d'une résidence est de 1400$ par mois, et le revenu moyen d'un aîné est de 1400$ par mois. Vous voyez, l'équilibre est très fragile. Quand les propriétaires des résidences veulent payer l'installation de gicleurs, ils peuvent seulement augmenter les loyers parce qu'il n'y a aucun programme pour les aider à assumer les rénovations nécessaires. Mais ils ne le peuvent pas : ils savent que les aînés sont incapables de payer. Bref, tout le monde est coincé. L'équilibre est très fragile», explique Yves Desjardins.
Même chose pour un aîné qui, en vieillissant, requiert plus de services : aura-t-il les moyens de payer le 200$ supplémentaire pour recevoir des soins ou davantage de repas, entre autres exemples? La réponse est souvent non.
«Dans ces cas-là, les centres de soins et d'hébergement de longue durée (CHSLD) deviennent la seule option des aînés. Mais on devrait garder les aînés le plus loin possible des hôpitaux et des CHSLD : c'est chez eux, dans leur milieu de vie, qu'ils sont le plus heureux et surtout, en meilleure santé», ajoute M. Desjardins.