Demande de moratoire sur les éoliennes

Le Comité Pro-Environnement de Saint-Adrien-d'Irlande a mené de nombreuses représentations au cours des derniers jours pour demander au futur gouvernement un moratoire sur l'industrie éolienne. Le comité qualifie le développement de l'industrie éolienne au Québec de « débridée » et déplore les millions de dollars qui y sont engouffrés. « Nous n'avons d'autres buts que de préserver notre intégrité, protéger notre santé ainsi que l'environnement », souligne France Pelchat, porte-parole du groupe.
Dans sa demande de moratoire, le groupe fait état de promoteurs incontrôlés et incontrôlables. Il parle de l'irresponsabilité et de la cupidité des promoteurs et de ceux qui espèrent le Klondike en acceptant une ou plusieurs éoliennes sur leurs terres, imputant le terrain de leur voisin.
« Il est plus que temps de déclarer un temps d'arrêt. Faire autrement serait abject et immoral que de laisser quelques individus faire ce qu'ils souhaitent quand ils le souhaitent... », peut-on lire dans le document de demande de moratoire.
« Le temps d'arrêt permettra de définir un modèle de développement de toute la filière éolienne. Advenant votre incapacité de résister au lobbying éolien, nous vous sommons de racheter nos résidences au prix du marché d'aujourd'hui. » Le Comité Pro-Environnement a mené des représentations auprès de l'entreprise 3Ci énergie éolienne pour déplorer la façon dont se sont déroulés les événements, notamment la pétition de renonciation annulant la procédure du scrutin référendaire qui devait avoir lieu le 13 février dernier.
« Sachez que votre projet n'est pas rassembleur. [...] Il ne rencontre pas les standards d'acceptabilité sociale puisque la notion de consentement libre et éclairé n'a pas été exercée », estime le groupe qui évalue à 47 pour cent la proportion de citoyens qui s'opposent au projet. Selon Pro-Environnement, 3Ci énergie éolienne se serait engagée à se retirer « si son projet ne rencontrait pas l'aval de plus de 33 pour cent de la population ».
Pro-Environnement se dit toutefois ouvert à une rencontre « afin de trouver une solution pacifiste et des normes acceptables pour tous ».
Le conseil des maires de la MRC des Appalaches a également reçu la visite des représentants du groupe qui a manifesté le désir de connaître la position de la MRC dans ce dossier et obtenir un complément d'information. Pro-Environnement a reçu l'assurance d'une réponse à leur liste de sept questions.
Pro-Environnement estime également que trois conseillers sur six ont des ententes déjà signées avec 3Ci et qu'un quatrième ne pouvait exercer sa neutralité étant conjoint de fait d'une conseillère engagée. Le groupe s'en remet à l'article 163 du code municipal du Québec qui stipule que si la majorité des membres d'un conseil local ont un intérêt personnel dans une question soumise à sa décision, celle-ci doit être confiée au conseil de la MRC.
Le groupe affirme ne pas être contre le projet, mais estime que les éoliennes devraient être éloignées de deux kilomètres de toute habitation. Actuellement, le règlement de Saint-Adrien parle d'un kilomètre pour le village et de 600 mètres ailleurs. « Un non-sens! » selon le regroupement.
Pro-Environnement souhaite obtenir des réponses à de nombreuses interrogations, notamment le nombre d'éoliennes que compte le projet, leur emplacement et le nom des résidants ayant conclu une entente avec le promoteur. Les opposants au projet dans sa forme actuelle affirment que les gens se laissent berner par l'affirmation que l'énergie éolienne est une énergie verte. « On assiste à la destruction de l'environnement et de la santé. Tout ce qu'il y a de vert dans ce dossier, c'est le teint des gens qui se battent contre les moulins à vent. »