Déficit: le Cégep pourrait se voir imposer un plan de redressement

Comme elle l'avait anticipé, la direction du Cégep de Sherbrooke a adopté un budget déficitaire d'environ 900 000 $ pour 2015-2016.
<p>Réal Desautels</p>
L'institution s'expose à l'imposition d'un plan de redressement par Québec. L'établissement n'arrive plus à faire face au flot de compressions exigées par Québec, a plaidé le président du conseil d'administration de l'établissement, Réal Desautels.
« Le conseil d'administration a pris la décision de déposer un budget déficitaire d'un peu plus de 900 000 $ au ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche », a fait valoir le président du conseil d'administration, Réal Desautels, lors d'un point de presse.
« Depuis 2011, le Cégep a subi sept coupes successives de la part du gouvernement, totalisant pas moins de 4 M $. La dernière compression, d'un peu plus de 1 M $, a particulièrement heurté notre établissement qui était déjà fragilisé financièrement », a expliqué M. Desautels. L'institution doit aussi composer avec une « baisse du nombre de jeunes Estriens en âge de poursuivre leurs études collégiales ».
Il a également souligné qu'à ces pertes financières s'ajoute la non-indexation pour certains coûts, comme le chauffage et les assurances. 
« Depuis 2011, le Cégep a largement fait sa part pour contribuer à l'effort collectif de réduction des dépenses de l'État, mais la dernière coupe est de trop. Nous n'arrivons plus à assumer cette succession de compressions trop rapides et d'une telle ampleur sans mettre en péril notre mission éducative. »
Selon lui, « ce qui pouvait être fait a été fait ». 
Depuis environ cinq ans, environ 37 postes ont été supprimés au sein de l'institution, dont 28 au cours des deux dernières années.
 
Décision courageuse
Le président du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN), Steve McKay, a salué le choix du conseil d'administration d'adopter un budget déficitaire. « On savait que la politique d'austérité du gouvernement Couillard allait entraîner un manque à gagner important et là on voit une nécessité de faire un déficit. On trouve extrêmement courageux la décision du conseil de refuser d'appliquer toutes ces coupes-là en même temps, car ça a un effet désastreux sur le Cégep de Shebrooke, déjà les coupes qui ont été faites sont extrêmement difficiles », a-t-il commenté. Rappelons que les membres du SPECS ont voté en faveur d'un mandat de grève de six jours mercredi.