Guillaume Lauzé

Déficience intellectuelle: sortir de l'ombre grâce à la chanson

Grâce à la chanson qui lui a permis de développer son potentiel et de sortir de sa coquille, malgré sa déficience intellectuelle, Guillaume Lauzé espère bien être recruté pour participer à une première : l'enregistrement d'un CD sous le titre « Le gêne du bonheur ».
S'inspirant d'un mélange de Star Académie et de La Voix, l'Association de Sherbrooke pour la déficience intellectuelle (ASDI) y va d'audace en permettant à huit jeunes de 14 ans et plus ayant un diagnostic de déficience intellectuelle de sortir de l'ombre et de vivre toutes les étapes de création d'une chanson. Cela va des auditions à la présentation en public, en passant par les répétitions avec musiciens, la séance photo dirigée par Marc Bailey, le suivi par un professeur de chant, l'enregistrement en studio. Le projet s'étend jusqu'en novembre prochain.
Coachés par Mario Couture, qui s'y connaît en musique et qui est également psychoéducateur, les participants auront ainsi « le droit, comme n'importe qui d'autre, de vivre leurs rêves et de montrer leurs talents », signale la directrice générale de l'ASNI, Jeanette Comeau. Elle précise que pour bien des gens vivant avec une déficience intellectuelle, la musique et le chant sont un formidable outil de développement et de joie de vivre.
Pour Brigitte Blanchard, responsable du projet, l'expérience des huit participants va leur permettre de « développer la rigueur, la persévérance et l'estime de soi. Et cela va avoir des répercussions positives dans l'ensemble de leurs actions dans la vie ».
Chose certaine, en se présentant devant les journalistes et autres invités à la conférence de presse, dont le député fédéral de Sherbrooke, Pierre-Luc Dussaut et l'adjoint de celui de Compton-Stanstead, Alain Robert, Guillaume Lauzé, 27 ans, n'avait qu'un souhait, celui de participer au projet. Un peu donc comme dans une vraie audition devant ses juges, il a interprété « Un gars ben ordinaire », de Robert Charlebois, guitare à la main. Les applaudissements ont permis de voir qu'il passait le test sans problème.
L'ancien élève de Montcalm, découvert il y a six ans par l'ASDI dans le cadre de spectacles présentés par des gens vivant avec une déficience intellectuelle au Granada, a témoigné que cela l'avait changé. « Ça m'a lancé un défi qui m'a poussé à aller plus loin... Aller chanter devant 200 personnes avant, j'en aurais jamais été capable. Et c'est bien sûr que j'espère être retenu pour la chanson Le gêne du bonheur », a-t-il lancé fièrement.
Aussi, les responsables font le parallèle avec le film Gabrielle, qui a eu un impact significatif sur le regard de la population en général face à la déficience intellectuelle. « Le gêne du bonheur » se veut un modèle pour prouver que malgré cette déficience, les gens qui la vivent ont des capacités et des talents à développer, pour autant qu'ils soient encouragés, guidés et soutenus.
Les personnes avec une déficience intellectuelle intéressées à participer au projet, dont le financement de 5000 $ est en partie assumé par la Ville de Sherbrooke, ont jusqu'au 14 avril pour se manifester. Tous les détails sont disponibles sur le site de l'ASDI, à www.asdi-org.gc.ca