De talent et d'audace

Difficile pour un peintre ou un sculpteur québécois de gagner sa vie grâce à la vente de ses oeuvres uniquement. Talentueux et audacieux, l'artiste André Desjardins a réussi ce tour de force. Ses oeuvres ont principalement la cote en Amérique du Nord, mais l'Asie s'intéresse aussi à son travail.
Pendant plusieurs années, André Desjardins a oeuvré dans le domaine des communications. Il a connu sa part de succès dans ce secteur d'activité, puis a décidé de bifurquer définitivement vers les arts visuels au tournant des années 2000.
Sa carrière artistique a véritablement explosé après sa participation à une foire artistique à New York en 2008. À cette occasion, ses tableaux se sont vendus comme de petits pains chauds et une prestigieuse agence américaine, Masterpiece Publishing, lui a proposé un contrat fort alléchant. Il produit à un rythme soutenu, depuis ce moment, et présente sans cesse de nouvelles expositions.
En 2009, il avait attiré l'attention du magazine Art Business, une référence dans son domaine aux États-Unis. La revue spécialisée l'avait alors inclus dans un top 10 des artistes les plus prometteurs en art contemporain.
« Je ne m'attendais pas à avoir une telle carrière artistique, reconnaît André Desjardins. Je n'avais pas envisagé de signer avec une agence comme celle avec qui je travaille. »
L'artiste ne se lasse pas de peindre et de sculpter. « J'adore mon travail, lance-t-il. Et puis le syndrome de la page blanche ne m'a jamais touché, ce qui fait que j'ai toujours de nouvelles idées de création. »
André Desjardins cherche à reproduire l'extase et le grand bien-être lorsqu'il est au travail dans son atelier. « Je veux créer avec mes oeuvres des moments parfaits et de grâce. Des moments où on a le goût de remercier la vie d'être ce qu'on est. »
Par l'intermédiaire de ses oeuvres, l'artiste désire rappeler aux gens que de belles choses les entourent en permanence ou presque. « On court tellement dans la vie qu'on finit par oublier toutes ces choses plaisantes autour de nous. J'essaie d'amener les gens à s'apercevoir qu'ils sont bien et qu'ils ont le choix », explique-t-il.
S'il n'est soumis à aucune pression extérieure en tant qu'artiste, André Desjardins tente néanmoins de se dépasser autant au plan artistique que technique. « La pression, c'est moi-même qui me la mets », admet-il.
Une découverte
Ancien de l'école secondaire de la Ruche à Magog, André Desjardins a perdu son père alors qu'il n'était âgé que de 10 ans. Et son adolescence a été « plutôt solitaire ».
N'empêche, il s'est découvert à cette époque une passion pour l'art et la construction. « Au sous-sol chez moi, j'ai passé une partie de mon adolescence à travailler sur une ville miniature qui faisait au total 20 mètres carrés. J'avais même passé l'électricité dans les maisons en carton que j'avais bâties », se souvient-il.
Cette époque a été si marquante pour lui qu'il s'efforce, d'une certaine façon, de la perpétuer. « Encore aujourd'hui, il y a la même ambiance dans mon atelier que celle qui existait au sous-sol quand je construisais ma ville en carton. »
Durant des années, l'artiste n'avait plus qu'un pied-à-terre en Estrie. Mais il a l'intention de revenir habiter la région en permanence à court terme. Il aimerait pouvoir s'installer à proximité du lac Memphrémagog, un plan d'eau auquel il est vraisemblablement très attaché.
Plus tôt cette année, il a participé à une campagne de financement organisée par la Fondation la Ruche. Sa contribution a permis à cet organisme d'empocher quelques milliers de dollars supplémentaires.
jean-francois.gagnon@latribune.qc.ca
Né à Hauterive, en Côte-Nord;
Ancien élève de l'école secondaire de la Ruche à Magog;
Formation universitaire en design graphique;
Sculpteur et peintre;
Représenté par l'agence américaine Masterpiece Publishing.