Jean-Marie Messier

De l'ombre à la lumière

Dans l'ombre d'un laboratoire, au sein d'une association caritative ou dans une entreprise bâtie à la sueur de son front, on travaille rarement pour les honneurs. Mais quelle fierté, tout de même, quand nos pairs nous remarquent et permettent de faire la lumière sur notre engagement et notre succès. C'est du moins le sentiment général qui animait, hier soir, plusieurs lauréats du Mérite estrien.
« C'est très intéressant d'être reconnu par les gens qui sont ici ce soir, dit Jean-Marie Messier. Ce sont tous des gens de passion, des gens impliqués dans la communauté. Et si on en fait partie, ça doit être parce qu'on apporte quelque chose nous aussi. Ce n'est pas obligatoire d'être reconnu, mais ça fait plaisir! »
Comme coordonnateur du Festival des harmonies et orchestres symphoniques du Québec depuis 15 ans, très fier également du Off festival, M. Messier a été nommé Personnalité du Mérite estrien. Intarissable quand il s'agit de parler musique et jeunesse, il entend bien se servir de cette carte pour poursuivre son rêve, celui qu'on reconnaisse Sherbrooke comme la capitale de la musique au Québec. « Il faudrait que les gens comprennent que la musique est un outil important de développement de la société », martèle-t-il avec conviction.
Isabelle Cauchy a elle aussi été très touchée de recevoir un Mérite estrien dans la catégorie Arts et culture. « Ça m'a beaucoup émue cette marque de reconnaissance qui me vient de la communauté, de gens qui connaissent et qui reconnaissent mon travail », confie celle qui a veillé aux destinées du Petit théâtre de Sherbrooke pendant 20 ans.
« Donner l'accès à la culture aux enfants, ç'a été mon cheval de bataille, reprend Mme Cauchy. C'est un travail de l'ombre, mais je comprends que les gens m'ont entendue et partagent mon objectif. De savoir que cette cause est soutenue par la communauté, de savoir que je suis célébrée dans mon milieu, ça me fait tout un plaisir. »
<p>Marie-Sophie Dion </p>
Un sourire épanoui
Le Magogois Yves Grandmaison avait un sourire épanoui hier soir. Impliqué dans toutes les causes dans sa communauté, ce grand bénévole, coiffeur de métier, ne dit jamais non. « Il n'y a pas une semaine qui passe, répète-t-il, sans que des gens m'appellent parce qu'ils ont besoin d'aide. Je peux dire que je réponds à l'appel tout le temps et que si je n'ai pas l'argent ou les ressources pour aider, je vais les trouver. »
« Je suis choyé par la vie, donne-t-il en explication à cet engagement. Je suis en santé, j'ai de bons enfants, j'ai une femme formidable - c'est elle qui tient mon agenda!-, il faut que je redonne aux autres. Je carbure à ça, le contact avec mon monde, et c'est une grande fierté qu'on le reconnaisse ce soir. »
Honorée pour avoir élaboré un programme d'éveil à la lecture chez les enfants du préscolaire, Julie Myre-Bisaillon a eu la surprise de se retrouver au Gala du Mérite estrien au côté de la lauréate Renée-Claude Leroux, avec qui elle travaille à un autre projet remarqué, celui de la cité-école de la polyvalente Louis-Saint-Laurent.
« Comme chercheure, dit-elle, les gens ne pensent pas qu'on peut être autant sur le terrain. Je travaille avec les enfants et avec leurs parents pour trouver des solutions à leurs problèmes. L'objectif de toutes mes recherches, c'est de comprendre pourquoi nos enfants ne savent pas lire au Québec », explique-t-elle, se disant très fière de la visibilité que le Mérite estrien donne à son travail.
« La recherche, ajoute-t-elle, se doit d'avoir une motivation sociale parce qu'elle est financée par la société. »
Enfin, l'opticienne Marie-Sophie Dion est redevenue le temps d'une soirée la jeune musicienne des écoles Sacré-Coeur, puis Mitchell-Montcalm, qui montait sur scène avec ses collègues de classe.
« Mais sans le stress! sourit-elle. Parce que mes efforts, c'est au travail que je les fais. J'ai la chance que ce que j'aime faire dans la vie plaise aux autres. Je me trouve un peu jeune pour recevoir un tel honneur, mais je le prends comme une bonne petite tape dans le dos qui me dit : continue ma belle! »