L'auteure Claire Vigneau

De la (belle) grande visite

Sonia Bolduc aime bien les mots, surtout ceux des autres, et pas nécessairement ceux des livres qui se retrouvent en vitrine ou dont tout le monde parle. C'est comme ça.
La grande visite
Claire Vigneau
Éditions Trois-Pistoles
Me semble, la première fois où t'écoutes une musique, y faut que tu t'assures d'avoir le silence avec toi jusqu'au bout.
On se souhaite le même silence au moment de faire entrer chez soi La grande visite de Claire Vigneau, un second roman pour l'auteure sherbrookoise aux origines madelidiennes qui bercent ses écrits, sa langue, son rythme, ses couleurs et ses personnages.
André à Arsène partage avec les îles l'avant-scène d'une rencontre inattendue entre un passé qui se dévoile lentement et le présent qui s'en trouve chamboulé. Une confession, quelques lettres et une série de cartes postales plongent le "fou du canton" dans le passé, mais peut-être aussi vers un avenir moins solitaire que ce qu'il avait envisagé.
Je vous le confesse, j'ai mis un temps fou à lire La grande visite. Délibérément. Je prenais mon temps, tendais la main vers le bouquin seulement, et vraiment seulement, si l'atmosphère et l'humeur s'y prêtaient, s'il y avait dans l'air ce je ne sais quoi tout en lenteur... dont on ne veut plus sortir.
Chaque fois, j'ai aimé les mots, les silences, les lieux, les gens. Chaque fois, j'ai écouté la musique, la mer, le vent, j'ai goûté le café, le maquereau, la soupe de poisson, l'anguille et la tarte aux bleuets, j'ai marché sur la grève, je me suis bercée sur la galerie et j'ai épié le silence de la petite maison.
Dans la vraie vie, je ne suis encore jamais allée aux îles. Ou peut-être que si. Claire Vigneau nous en fait faire la grande visite.