Sylvie Luce Bergeron

D'art et d'engagement

D'aussi loin qu'elle se souvienne, Sylvie Luce Bergeron a toujours levé la main. En classe, c'était pour poser une question ou demander des précisions. Hors des murs de l'école, c'était pour participer, faire sa part.
« J'étais fondamentalement volontaire, j'avais envie de faire oeuvre utile. Dans la vie, je pense qu'il faut donner et redonner », explique celle qui semble avoir ce trait de caractère inscrit dans l'ADN.
Aujourd'hui encore, en plus d'enseigner le français au Cégep de Sherbrooke, elle préside le Conseil de la culture de l'Estrie, elle anime l'émission radiophonique Arts d'oeuvres à CFLX, elle coordonne une partie de la programmation des Concerts de la Cité et elle siège sur différents jurys. Entre autres choses.
« Je mène plusieurs projets de front, c'est vrai, mais ça reste toujours dans le même domaine. Tout est lié aux arts et à la culture. C'est mon os. Ça a toujours été ça. »
Toujours, ou presque. Grande sportive, Sylvie L. Bergeron a véritablement plongé dans le monde des arts lorsqu'elle a fait son entrée au secondaire.
« J'ai alors découvert avec bonheur la littérature et l'univers des mots. J'écrivais des poèmes, j'écrivais pour le journal de l'école. »
Sa passion pour les lettres n'a jamais fléchi. À l'Université de Sherbrooke, elle s'est naturellement dirigée vers la littérature et a poursuivi son cheminement académique jusqu'au doctorat.
« Lorsque je lis, je plonge à fond dans mon bouquin. Et ça me prend quelque temps pour en revenir. »
Les lectures, la contemplation d'une oeuvre d'art ou l'écoute d'un bon disque lui font chaque fois l'effet d'un voyage, d'un dépaysement des sens qui ramène à soi.
« L'art me fait du bien, c'est en quelque sorte une recherche d'équilibre par la beauté. Ce n'est pas pour rien qu'on dit souvent que c'est une nourriture céleste. »
Alors pour l'art, comme pour la bonne bouffe, Sylvie L. Bergeron a envie de mettre la table. Et de convier le plus de monde possible à savourer la finesse et le génie des oeuvres.
« La transmission et le partage, c'est quelque chose qui m'est cher. Au sein du Conseil de la culture, mon mandat premier c'est de convaincre les gens que la culture est un pilier. Je crois beaucoup à l'ouverture au monde et aux autres via la littérature et les arts. Dans mes cours, je donne souvent des exemples liés à l'actualité pour montrer aux élèves que, même si une oeuvre a été écrite ailleurs, il y a longtemps, elle résonne encore aujourd'hui, elle a quand même un caractère actuel. »
Convaincue de la grande portée qu'ont les arts, Sylvie L. Bergeron s'intéresse autant au cheminement de l'artiste qu'à l'oeuvre qui en résulte. Et lorsqu'elle a du temps, elle prend la plume.
« L'écriture, c'est ma bulle secrète. À cause du rythme, du souffle, de l'univers campé et condensé en quelques pages, j'aime écrire des nouvelles. C'est un genre littéraire que j'affectionne. »
L'horizon est fait de portes ouvertes : au cours des prochaines années, elle pourrait bien se consacrer davantage à l'écriture. Ou bien profiter d'une sabbatique pour enseigner un an à l'étranger. Ou peut-être même se lancer en politique. « Parce que je crois que pour changer les choses, il faut parfois investir les lieux où se prennent les décisions. C'est une forme d'engagement pour le mieux-être de la communauté. »
Alors oui, elle pourrait bien lever la main pour ça aussi.