Depuis le drame qui a coûté la vie à sa conjointe, Danny Frappier peut compter sur le support des membres de sa famille, dont sa soeur Hélène et son frère Pierre.

Danny Frappier espère un souvenir

Une immense tache sombre au milieu d'un désert doré, de minuscules débris dispersés tel des graines appelées à germer... depuis qu'il a vu les images de ce qu'il reste de l'appareil qui devait ramener sa conjointe Isabelle Prévost du Burkina Faso vendredi matin, Danny Frappier ne fonde plus d'espoir de la revoir vivante.
«Mais j'aimerais en revoir une partie, confie M. Frappier, la voix brisée. C'est ce que je veux le plus. Des restants de bagages qui pourraient nous rappeler des affaires, des souvenirs qu'elle aurait achetés aux enfants ou son appareil-photo qui risque d'être brisé...»
Le père de trois enfants dit se buter cependant au mutisme de l'Ambassade canadienne, qui ne peut s'avancer officiellement sur le sort pourtant évident d'Isabelle Prévost et sur les démarches à suivre pour ramener sa dépouille, ou l'un de ses objets, au pays.
«On n'a plus d'espoir. En ayant vu les images, on sait qu'elle est décédée, c'est certain. On essaye de se préparer aux prochaines étapes à venir, mais pour l'instant on n'a pas beaucoup d'aide. À l'Ambassade, ils confirment seulement ce dont ils sont sûrs et certains. Ce qu'ils me disent, c'est qu'elle (Isabelle) faisait partie du vol, que l'avion s'est écrasé, qu'ils connaissent le lieu et que les autorités françaises sont sur place. On me dit qu'il est trop tôt et qu'il faut attendre. On est dans le néant», déplore le Sherbrookois.
«J'ai besoin de savoir ce qui arrive avec le rapatriement des corps, poursuit-il. C'est quoi les prochaines étapes? Ça ne m'est jamais arrivé auparavant une histoire de même. On ne sait pas comment ça marche. J'aimerais qu'on m'informe clairement. Toutes les démarches jusqu'à maintenant, c'est nous qui les avons faites et on nous dit d'appeler un autre qui nous réfère à quelqu'un d'autre à son tour.»
Entretemps, lui et sa famille tentent tout de même de s'informer autrement, dans l'espoir de retrouver eux-mêmes une partie d'Isabelle Prévost, qui s'est tragiquement volatilisée au Mali en compagnie de 115 autres personnes.
Ambassade de la France
«Un journaliste français m'a dit qu'il savait que les corps seraient rapatriés en France. Est-ce c'est officiel, je ne le sais pas. Il m'a conseillé fortement de communiquer avec l'Ambassade de la France à Ottawa pour être en mesure d'avoir beaucoup plus d'informations. Ça fait aussi quatre fois que les familles africaines qu'a visitées ma conjointe m'appellent pour me tenir au courant.»
S'il précise que sa personne-ressource au Consulat canadien est très gentille et qu'elle lui révèle tout ce qu'elle a le droit de mentionner, on comprend que Danny Frappier est exténué lorsqu'il dit qu'il aurait préféré que la tragédie se déroule chez lui, au Québec.
«On aurait été sur place, ça aurait été plus facile... Peut-être que c'est nous qui voulons aller trop vite en raison de ce que l'on vit...» dit-il.
Pendant que la famille poursuit ses démarches, les enfants de Danny Frappier et d'Isabelle Prévost, un garçon de neuf ans et deux fillettes de sept et cinq ans, se font garder par les grands-parents.