Chloé DeWolfe

Cultiver la ville un légume à la fois

Au cours des prochaines semaines, les citoyens de Coaticook pourront cueillir gratuitement les légumes et fines herbes poussant librement dans 24 jardinières publiques, les Communobacs.
Les Communobacs seront accessibles au parc Véronneau et en plein centre-ville, devant le local de l'Association des personnes handicapées de la MRC de Coaticook. Cette démarche est parrainée par l'organisme sous le nom fort éloquent de Sèmeaccueil.
Son objectif est de donner accès au plaisir de jardiner et de cueillir, de rencontrer du monde autour d'un même projet, d'engendrer une discussion autour de la sécurité alimentaire, ainsi que multiplier les moyens d'accès à une nourriture saine, économique et produite localement par et pour les gens d'ici.
Accessibles à tous
Le projet est financé par la Conférence régionale des élus de l'Estrie par le biais du Fonds de lutte à la pauvreté et à l'exclusion sociale. Les Communobacs sont d'ailleurs à hauteur de table, facilement accessibles aux personnes en fauteuil roulant ou à mobilité réduite.
«L'idée du projet vient de la Corporation de développement communautaire (CDC) de la MRC de Coaticook à la suite d'une réflexion entreprise par les organismes l'an dernier sur la sécurité alimentaire, explique Chloé DeWolfe, coordonnatrice du projet et copropriétaire de la jeune entreprise Marvayus et les Pelleteux de village.»
«Il faut savoir que les gens participent à ce genre de projet lorsqu'il est près de chez eux. Les chances de réussite sont donc meilleures si le projet a lieu en ville, près des gens qui n'ont pas de moyen de transport, de ceux qui auraient besoin de jardins communautaires pour faire une différence dans leur quotidien.»
Les Communobacs, un design original de Marvayus, sont eux-mêmes la preuve qu'on peut faire beaucoup avec l'appui du milieu. Dégageant un arôme de garniture de cerises noires, les barils de plastique proviennent de la Laiterie de Coaticook, alors que de vieilles paires de jeans offertes par le Centre d'action bénévole permettent de faire monter l'eau du double fond par capillarité à la terre des jardinières. L'important bassin d'eau ainsi mis en réserve rend tout déplacement des Communobacs presque impossible, car les risques de vandalisme demeurent.
«Si c'est de la nourriture gratuite, pourquoi voler un plant? questionne Chloé DeWolfe. Les Communobacs, c'est du jardinage collectif où chacun est coresponsable des bacs, c'est de l'autogestion. Ils vont aussi nous permettre de montrer qu'on n'a pas besoin de beaucoup de place pour avoir des résultats.»
La prochaine inauguration de 14 Communobacs se tiendra samedi, à 10 h au parc Véronneau près du pont de la rue Saint-Jean-Baptiste, le long de la piste cyclable. Pour toute information, on peut communiquer avec la coordonnatrice Chloé De Wolf au 819 340-9193 ou par courriel à semeaccueille@videotron.ca.