Avec sa nouvelle entreprise Marcheur des villes, Janine Dupont souhaite partager sa passion de la récolte de plantes comestibles sauvages, notamment en organisant des activités d'initiation en plein air. «Je ris dans ma barbe quand je fais ma commande sur la piste cyclable!» dit-elle en souriant.

Cueillette urbaine : faire son épicerie au parc

Avec Janine Dupont, on peut s'asseoir par terre le long d'une piste cyclable ou au parc Victoria et se cueillir une collation. Une feuille de violette, une de pissenlit, un peu de plantain... mais attention, pas de ces fleurs bleues qui poussent en belles gerbes; celles-là ne se mangent pas!
Les plantes sauvages comestibles sont sa passion depuis toujours. Et elle espère bien pouvoir en vivre grâce à sa toute nouvelle entreprise, Marcheur des villes. Mme Dupont y offre notamment des journées d'identification de plantes en pleine nature, lors desquelles on peut apprendre à reconnaître diverses espèces, comment les récolter techniquement et éthiquement, puis comment les apprêter. Sa page Facebook regorge d'ailleurs de jolies photos de plantes et de recettes qui en découlent.
Elles ont parfois de quoi surprendre au premier coup d'oeil; celles qui comprennent de l'ortie, par exemple. Pour bien des gens, cette plante est synonyme de brûlures et rougeurs - c'est le genre de végétation dans laquelle on évite de s'étendre durant une sortie de camping. Et pourtant, c'est bien plus que ça. «L'ortie est une plante alimentaire qui se cuisine du dessert au plat, en passant par la tisane. C'est une plante extraordinaire, tout comme le pissenlit», soutient Mme Dupont.
À voir les créations culinaires qu'elle a réalisées avec la plante mal-aimée - potage d'ortie et chou-fleur ou encore raviolis farcis à l'ortie et au fromage -, on est bien obligés de la croire sur parole.
L'épicerie sur le bord du chemin
Plus populaire en Europe, mais aussi aux États-Unis, la cueillette de plantes comestibles sauvages n'est pas très pratiquée au Québec. À 17 ans, Janine Dupont, alors à Verdun, s'achète un guide d'identification des plantes et marche le long du fleuve. Depuis, elle a découvert la flore québécoise en mode autodidacte. «C'est quelque chose qui m'est très personnel. Je ne sais pas d'où ça me vient, j'ai été comme ça toute ma vie», affirme-t-elle.
Il faut dire que les avantages de la cueillette sauvage sont nombreux : les produits récoltés sont de qualité, gratuits et originaux (on ne les retrouve pas nécessairement en épicerie). L'acte de la récolte favorise également une certaine autonomie alimentaire, tout en étant bon pour la santé physique et mentale, précise Mme Dupont. «Ma mission, c'est de rétablir le lien que l'homme a avec l'environnement», ajoute-t-elle, en faisant référence aux industries actuelles qui agissent en intermédiaires entre les ressources naturelles et l'humain.
Ce qui ne signifie pas de laisser tomber les bienfaits de la modernité, précise Mme Dupont. «Marcheur des villes veut concilier le meilleur des deux mondes. Dans notre environnement, il y a tout ce qu'il faut pour vivre. L'idée ce n'est pas de prendre cela exclusivement, mais de l'intégrer à notre épicerie. Je ris dans ma barbe quand je fais ma commande sur la piste cyclable!»
Après tout, les produits sont là; à quoi bon les laisser se gaspiller? «Je n'arrête pas d'être surprise, de me dire, pourquoi on laisse ça passer? On ne voit plus le monde de la même façon quand on devient un marcheur des villes.»
On peut contacter Janine Dupont au 819 791-1328, par Facebook ou sur le site www.marcheurdesvilles.com/.