Création de la Coopérative d'abattage du Québec

Après une bonne année de travail, les producteurs de bovins du Québec ont finalement annoncé la création officielle de la Coopérative d'abattage du Québec. Cette entité devrait, à terme, utiliser les installations laissées vacantes lors de la fermeture de l'abattoir Levinoff-Colbex de Saint-Cyrille-de-Wendover.
On est toutefois loin de la coupe aux lèvres selon Paul Doyon, l'un des instigateurs du projet. La création de la coopérative n'est que la première d'une série d'étapes qui permettra au final d'éviter d'envoyer les bovins se faire abattre à l'extérieur de la province.
S'ils désiraient obtenir 2000 membres fondateurs, les instigateurs de la Coopérative ont revu ce chiffre à la baisse et se contenteront de 500 membres. Ils en ont présentement 470 et croient que ce nombre est appelé à grandir une fois que les preuves seront faites.
« Beaucoup de producteurs ont été échaudés par la transaction au cours de laquelle la Fédération des producteurs bovins a payé trop cher pour l'abattoir. Ils en paient encore le prix. On peut les comprendre d'être frileux. On croit qu'une fois que la Coopérative fonctionnera, ils nous feront confiance », a indiqué M. Doyon.
L'autre objectif était d'obtenir la possibilité d'abattre 1200 bêtes par semaine. Cette garantie a été revue à 625 et aurait été atteinte au cours des dernières semaines grâce, notamment, à la participation de quelques gros producteurs. Le service d'abattage sera d'abord offert sur le marché canadien, mais la Coopérative n'écarte pas la possibilité de subvenir aux besoins de producteurs de l'extérieur du pays.
Paul Doyon et ses comparses ont déjà ciblé l'identité des gens qui allaient superviser les travaux d'abattage. On en est également venu à une entente concernant la distribution de la viande qui sera produite. Reste maintenant à mettre la main sur l'abattoir proprement dit. À cet égard, la Coopérative a fait une offre à Investissement Québec, propriétaire des installations de Saint-Cyrille, avant les Fêtes et est en attente de réponses. La valeur de l'abattoir est évaluée à environ 1 million $.
Si on avait d'abord avancé l'automne, puis le début de l'année 2014, les promoteurs ont décidé de ne plus fixer d'échéancier pour la relance de Levinoff-Colbex. Une chose est certaine, on espère que cette année sera la bonne.
Rappelons que l'idée de démarrer une Coopérative est issue de trois producteurs de la Beauce qui ont identifié le besoin pour les producteurs d'ici de se doter d'une capacité d'abattage. Il n'existe effectivement plus aucun abattoir de moyenne ou grande taille dans l'est du Canada depuis la fermeture de Levinoff-Colbex en mai 2012.