Cours en ligne : hausse de 295%

Au cours des cinq dernières années, le nombre d'inscriptions à des cours en ligne a augmenté de 295 % à l'Université de Sherbrooke, pour un total de 5236 inscriptions. Un comité paritaire UdeS-Syndicat des professeures et professeurs de l'UdeS (SPPUS) a déposé cet automne un rapport sur la formation à distance, incluant la formation en ligne. Selon les auteurs, la formation en ligne est appelée à connaître « une croissance phénoménale qui affectera de façon irréversible la nature et les modalités de la formation universitaire ».
Selon les données de 2012-2013, les cours en ligne représentent 2,7 % de toutes les inscriptions à des activités pédagogiques à l'UdeS, comparativement à 0,7 % en 2009.
« En termes d'augmentation, ce sont des chiffres faramineux », observe la vice-rectrice aux études de l'UdeS, Lucie Laflamme.
Le nombre d'inscriptions a augmenté plus vite que le nombre d'activités en ligne, indique-t-elle. Entre 2009 et 2013, plus de 141 activités pédagogiques du genre ont été créées, une augmentation de 176 %.
« La formation en ligne est de plus en plus recherchée par les apprenants et plusieurs universités au Québec, au Canada et à travers le monde ont développé une offre importante pour satisfaire les besoins émergents », peut-on lire dans le rapport.
Selon celui-ci, l'UdeS offre des activités de formation à distance (FAD) depuis 1988. Elle souhaite accroître cette offre.
Les auteurs notent que la formation en ligne s'inscrit dans la formation à distance (FAD).
« Deux modalités dominent » pour la FAD : il s'agit de la visioconférence (par exemple un enseignant de la faculté de médecine peut faire une présentation à des étudiants au Saguenay) et de la formation en ligne supportée par des serveurs d'enseignement (comme un cours mis en ligne).
« Ça répond à des besoins de formation continue, au sens large... », observe Mme Laflamme. Par exemple, des gens qui s'inscrivent à la maîtrise qualifiante en éducation sont des gens sur le marché du travail, qui veulent enseigner dans leur domaine d'expertise. Cela permet également de rejoindre des étudiants à travers la province. Aux yeux de Mme Laflamme, l'accroissement de la formation à distance va donc de pair avec l'augmentation de la formation continue.
La formation à distance soulève certains enjeux dans les relations de travail, dont la rémunération et la propriété intellectuelle.
Le SPPUS souhaitait notamment qu'un professeur puisse conserver un certain contrôle sur l'activité pédagogique qu'il a développée, qu'elle ne soit pas ensuite simplement diffusée par une autre personne une fois créée, résume le secrétaire général du SPPUS, Robert Tétrault.
« La formation en ligne représente un défi pour le professeur habitué à l'enseignement en présentiel (NDLR : dispensée en totalité dans une même salle de classe et en temps réel, selon la définition du rapport). Outre les efforts consentis et le temps de développement d'un cours [...] c'est surtout une autre vision de la formation qui doit être développée par le professeur qui souhaite enseigner à distance », peut-on lire également.
Ce nouveau type de formation demande aux professeurs qu'ils en fassent plus, croit M. Tétrault. « S'il y a un développement, on veut en faire partie de façon ordonnée », observe-t-il. « Il faut être réaliste... Ce n'est pas un virage qui se prend en claquant des doigts. On veut bien faire les choses », souligne Martin Buteau, vice-recteur aux ressources humaines, à la vie étudiante et aux technologies de l'information.
L'offre de la formation continue sera aussi étudiée.
Le SPPUS et l'UdeS doivent intégrer à la convention collective des dispositions visant à encadrer ces pratiques d'enseignement à distance. En entrevue récemment lors du dépôt des demandes syndicales, le président du Syndicat des chargées et chargés de cours de l'UdeS (SCCCUS), André Poulin, a soulevé certaines préoccupations face à la formation à distance et ses impacts sur les chargés de cours. La question sera d'ailleurs abordée dans les négociations de la prochaine convention collective. Pour le moment, il était encore difficile de quantifier les impacts.