Les candidats Gaétan Barrette, Yv Bonnier Viger, Réjean Hébert et Vanessa Roy ont participé au débat.

Confrontation Hébert et Barrette: un duel de vedettes de la santé

Deux vedettes du milieu de la santé se sont affrontées en quasi duel mardi soir à Sherbrooke: le Dr Réjean Hébert, ministre de la Santé sortant pour le Parti québécois, et le Dr Gaétan Barrette, aspirant au même poste en cas d'élection du Parti libéral du Québec. Le duel a ouvert la porte à quelques sorties enflammées des deux candidats, qui s'en sont pris au bilan des gouvernements précédents à la moindre occasion et qui ne sont pas gênés pour faire valoir leurs différends, quitte à lever le ton et à s'interrompre à l'occasion.
<p>Dr Gaétan Barrette</p>
<p>Dr Réjean Hébert</p>
Ce débat était orchestré par les étudiants de médecine de l'Université de Sherbrooke, qui avaient invité les cinq partis politiques à venir débattre de la santé dans le cadre d'un débat présenté à l'auditorium de la faculté de médecine, qui était d'ailleurs plein à craquer. Si la Coaliation Avenir Québec avait finalement décliné l'invitation, le portrait était complété par le Dr Yv Bonnier Viger, candidat pour Québec Solidaire, et par Vanessa Roy, physiothérapeute et candidate d'Option nationale.
Accès aux soins de santé, défis liés au vieillissement de la population et financement du système de santé étaient les principales questions de la soirée.
Si les candidats des quatre partis avaient l'occasion de présenter les orientations de leurs partis, ce sont principalement les candidats du PLQ et du PQ qui se sont renvoyé la balle lors des périodes de questions et de débats.
L'un des principaux points de litige de la soirée semblait pourtant bien banal au départ : quelque 112 nouveaux appareils d'échographie ont trouvé leur place dans les hôpitaux québécois pendant le dernier mandat du PQ. Était-ce des ajouts ou simplement le remplacement de vieux appareils?
« 112 appareils d'échographie ont été ajoutés dans la dernière année », a assuré le ministre sortant de la Santé.
« Désinformation! » a clamé le Dr Barrette, qui a assuré que les achats n'ont servi qu'à remplacer des appareils désuets.
« Vous vérifierez. Je suis rigoureux, ce sont des faits. Nous avons ajouté, pas remplacés, 112 appareils d'échographie pour abolir les listes d'attente en échographie. C'est une réalisation qui nous a coûté 7 millions de dollars », a répliqué le Dr Réjean Hébert.
Les couteaux ont parfois volé bas entre les deux candidats.
« Ça me fait tout drôle d'entendre le Dr Barrette faire l'apologie des libéraux, lui qui les a tellement décriés, qui les a traités d'incompétents, que ce soit (Philippe) Couillard et (Yves) Bolduc », a lancé Réjean Hébert, qui ne s'est d'ailleurs pas gêné pour souligner à quelques reprises l'inexpérience en politique de son rival libéral.
Pour sa part, le Dr Barrette s'en est pris notamment à l'assurance automonie, projet cher au gériatre qu'est Réjean Hébert, ainsi qu'aux actions du gouvernement péquiste concernant les places en centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).
« L'assurance autonomie, telle que proposée par le PQ, est une réforme des services sociaux, point. Quoique en dise le PQ, à un moment donné, il faut un certain nombre de lits en CHSLD et à plusieurs reprises, le ministre a annoncé qu'il allait les baisser, ce qui est un cul-de-sac », s'est exclamé le Dr Barrette.
Des quatre intervenants présents au débat, seule la candidate d'Option nationale n'était pas médecin. Physiothérapeute dans un Centre de santé et de services sociaux de la Beauce, elle a souligné à plusieurs reprises l'importance de l'interdisciplinarité dans ce vaste système de santé et l'importance de trouver des solutions qui viennent de la base, du personnel et des patients sur le terrain.
« On parle d'interdisciplinarité avec les médecins, les pharmaciens, les infirmières, mais il y a d'autres professionnels de la santé qui peuvent aider beaucoup : physiothérapeutes, nutritionnistes, ergothérapeutes... » a-t-elle fait valoir devant un auditoire convaincu.
Le candidat de Québec Solidaire, le Dr Yv Bonnier Viger, a pour sa part souligné l'importance d'intervenir aussi en amont, bien avant que les gens ne tombent malades et qu'ils aient besoin d'accéder au système de santé.
« Si on se met dans un mode de pensée « prévention », je pense qu'on va avoir besoin de beaucoup moins d'argent pour les services qu'on rend », a souligné le Dr Bonnier Viger.