David Létourneau, élève au Séminaire de Sherbrooke, a pu avoir pendant quelques minutes un aperçu de la vie après un traumatisme physique. Il fait partie des adolescents sherbrookois qui ont effectué une visite de sensibilisation aux dangers reliés aux accidents de la route au CHUS et qui pourront agir à titre d'ambassadeurs dans leurs écoles.

Comprendre la réalité après un accident

Des élèves de cinquième secondaire ont eu droit à une visite guidée de plusieurs secteurs du CHUS Fleurimont, afin de mieux comprendre la réalité qui attendait les gens qui subissent des traumatismes physiques après un accident de la route. «Souvent, les publicités de la SAAQ visent les décès, mais on ne parle pas des traumatismes modérés ou légers», affirme le pédiatre aux soins intensifs Claude Cyr, qui agissait à titre de guide durant la visite qui a duré trois heures.
Sarah Gosselin, une élève du Collège Sacré-Coeur, a par exemple porté pendant quelques minutes un collet cervical, qui sert à immobiliser le cou. «Il peut être porté pendant trois mois. Moi, juste cinq minutes à porter ça et j'étais tannée!», lance-t-elle après la visite. Le liquide qui est donné en guise de nourriture à certains patients qui ne peuvent plus avaler correctement ne lui a paru guère mieux. «Juste des petits trucs comme ça, c'est ce qui te sensibilise», dit-elle.
La vie peut changer du tout au tout après un accident de la route. «J'ai mon permis de conduire et j'ai vu ce qui arrivait quand on a un accident. Oui, on va aux soins intensifs, mais après, la réadaptation peut durer des mois et on doit réapprendre des choses de base comme comment manger ou aller aux toilettes», remarque Alexandrine Hugonnier, pour sa part élève au Séminaire de Sherbrooke.
Son collègue David Létourneau abonde dans le même sens. «Ça fait prendre conscience. On a le goût d'en parler aux autres pour les prévenir, c'est pour ça qu'on est là», renchérit-il.
C'est que la mission de ces jeunes est maintenant de devenir des ambassadeurs, de sensibiliser leurs pairs à l'importance de la sécurité en automobile, mais aussi dans le reste de leur vie.
«Ma job, c'est de réanimer [les personnes qui ont subi un traumatisme]. Votre job, c'est d'éviter que ça arrive. C'est spectaculaire, réanimer quelqu'un, mais c'est encore plus spectaculaire quand ça n'arrive pas», a lancé le Dr Claude Cyr aux élèves présents.
Porteurs de message
Les élèves présenteront au cours des prochaines semaines des capsules de 5 à 10 minutes à leurs collègues de classe, sur des sujets comme la fatigue, la distraction, l'alcool ou la drogue au volant. «Le message passe mieux quand c'est des amis qui le portent», croit Alexandrine.
Un avis que partage Marie-Ève Laforest, conseillère en sécurité à la SAAQ. «On a l'impression que les jeunes ont tout vu. Ici, c'est concret. Après l'accident, ça peut être très long. Ça peut prendre des mois pour redevenir soi-même», souligne celle qui organisait la journée d'hier en collaboration avec le CHUS et le SPS.
La policière communautaire Isabelle Gendron a d'ailleurs fait remarquer que si l'alcool et la vitesse sont reconnus par la plupart comme des sources potentielles de danger au volant, l'usage du cellulaire l'était moins. «Les jeunes ne se rendent pas toujours compte que le cellulaire est une distraction. Frapper quelqu'un qui marche sur le trottoir parce qu'on a juste changé un peu de direction, ça prend à peine quelques secondes», dit celle qui incite les utilisateurs de téléphones cellulaires à utiliser l'application Mode conduite de la SAAQ, qui bloque les appels et messages texte entrants et peut envoyer une réponse automatique à ceux qui essaient de contacter le conducteur.