Comprendre Bordeaux en cinq étapes

CHRONIQUE / Avec ses grands crus classés, ses vins primeurs et ses seconds vins de château, Bordeaux semble réservée à un club sélect d'initiés (et aux poches bien garnies). Qu'à cela ne tienne, l'heure du vin élitiste est révolue! Voici un petit guide pour sympathiser avec le vignoble du 45e parallèle.
1. Royaume des assemblages
À Bordeaux, la plupart des vins regroupent plusieurs cépages dans la bouteille. Le merlot, le cabernet sauvignon et le cabernet franc composent la majorité des rouges, tandis que du côté des blancs, les sémillon, sauvignon blanc et muscadelle règnent en maîtres.
2. Rive gauche, rive droite
La dualité bordelaise se situe de part et d'autre du fleuve de la Garonne. L'écart entre les deux est non seulement physique, mais aussi géologique et stylistique. À gauche se trouve le Médoc, où domine le cabernet sauvignon et à droite, le Libournais, dont la géologie et le climat favorisent plus particulièrement le merlot.
3. Grands crus classés
En France, les régions viticoles (Bourgogne, Alsace, Bordeaux, etc.) se décomposent en appellations. Celles-ci déterminent les cépages autorisés, les méthodes de culture et de vinification dans une zone donnée. Juste à Bordeaux, il y en a cinquante. Mais voilà qui n'était pas suffisant pour la région! En 1855, à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris, Bordeaux s'est dotée d'un classement des meilleurs vins sur son territoire. Aujourd'hui, en tête de liste, les premiers crus Lafite Rothschild, Latour, Margaux, Mouton Rothschild et Haut-Brion.
4. Deuxièmes vins
Le grand cru d'un château n'est produit qu'à partir des meilleurs raisins de la vendange. Les raisins restants, issus habituellement des plus jeunes vignes, seront vinifiés pour produire le deuxième vin du château. Ce vin aux airs de parenté bien marqués est alors offert à une fraction du prix! La plupart du temps, ces cadets portent un nom évoquant celui de l'aîné de la maison : Le Petit Cheval (Cheval Blanc) et Benjamin de Beauregard (Beauregard), par exemple.
5. Primeurs
Chaque année, au printemps, journalistes, producteurs, négociants et acheteurs se ruent à Bordeaux pour déguster le vin de la plus récente vendange. Le vin alors tout jeune et encore en barrique, ne sera commercialisé que deux ans plus tard. L'appréciation, ou non, des vins d'à peine 6 mois déterminera le prix des vins vendus un an et demi plus tard.
Suggestions de la semaine
Jean-Pierre Moueix
La société Jean-Pierre Moueix est à la tête de quelques illustres châteaux de la rive droite de Bordeaux, à Pomerol et à St-Émilion. Bien qu'ils soient tous dignes de mention, citons La Fleur-Pétrus, Latour-à-Pomerol et Trotanoy à Pomerol ainsi que Château Bélair-Monange, Premier grand cru classé, à St-Émilion.
De passage dernièrement à Montréal, Laurent Navarre, directeur général de la société, a fait déboucher près d'une quinzaine de bouteilles de la maison, surtout des 2014. De beau et du grand vin. Des bouteilles sobres, admirablement bien travaillées et d'une finesse remarquable. Au tableau des incontournables, les Pomerol 2014, Jean-Pierre Moueix (Code SAQ : 739 623 - 32,10 $) et Lalande de Pomerol 2014, Château Bel-Air (Code SAQ : 12 963 226 - 29,95 $), disponibles à la SAQ sous peu. Pour les membres du courrier vinicole, ne manquez pas le Château Trotanoy 2014, un pomerol énigmatique, profond et massif doté d'une finale mémorable.