Commotions cérébrales: pas juste causées par le sport

Les commotions cérébrales subies lors de la pratique d'activités sportives et récréatives ne représentent qu'environ dix à quinze pour cent de toutes celles subies en Estrie.
L'urgentologue Pierre Guérette explique que les chutes, les accidents automobiles et les accidents de travail arrivent devant les activités sportives comme causes de commotions cérébrales, selon le dernier relevé du CHUS datant de 2011. Ce sont de 800 à 900 commotions cérébrales qui avaient été répertoriées dans ces données.
Le Dr Guérette explique que le fait que les commotions cérébrales étaient sous-diagnostiquées a incité le centre de référence sur les traumatismes craniocérébral légers ou commotion cérébrale à faire de l'éducation auprès des cliniques médicales et des hôpitaux en périphérie de Sherbrooke.
« Les personnes qui subissent des traumas plus bénins ne consultent pas. Par la suite, ils se plaignent de maux de tête continuels, d'irritabilité, ont les émotions à fleur de peau, présentent des difficultés à se concentrer ou sont très fatigués sans que ces symptômes soient reliés au traumatisme crânien qu'ils ont subi. Les symptômes des commotions cérébrales peuvent être cognitifs, émotionnels ou physiques », explique le Dr Guérette.
Il mentionne que le battage médiatique autour des commotions cérébrales dans le domaine sportif, au football notamment depuis le reportage de l'émission Enquête diffusée la semaine dernière à la SRC, mettent en lumière cette problématique.
« Cette décision de la CSRS d'interdire le contact pour les moins de 14 ans est très courageuse. Pour être parent de joueur de football, je suis souvent témoin de joueurs qui subissent des commotions cérébrales tous les trois ou quatre matchs. La décision d'interdire les contacts va permettre d'éviter des traumatismes répétés chez les enfants. Nous commençons à peine à documenter les conséquences à long terme des commotions cérébrales. C'est un véritable enjeu de société », soutient l'urgentologue du CHUS.
Le Dr Pierre Guérette rappelle l'importance qu'une commotion cérébrale soit diagnostiquée. L'équipe de traumatologie du CHUS peut ainsi faire un retour avec les patients de trois à quatre semaines après le diagnostic.
« Nous réussissons à faire ce suivi avec environ 95 pour cent des patients. Nous pouvons ainsi nous assurer de la réadaptation et du retour à la normale. Dans 85 pour cent des cas, les victimes de commotions cérébrales ont repris normalement leurs activités et la grande majorité après environ trois semaines. Cependant, il faut s'assurer d'aider les 15 pour cent qui restent afin de limiter les impacts », mentionne le Dr Guérette.
Des examens supplémentaires sont effectués avec ces patients qui présentent toujours des symptômes reliés au traumatisme craniocérébral léger après trois mois.
« Plusieurs stratégies peuvent être mises en place notamment avec le centre de réadaptation de l'Estrie », indique le Dr Guérette.