Colère à Brompton: «Ils veulent nous assimiler»

La colère gronde toujours à Brompton devant le projet de réforme de la gouvernance, alors qu'une trentaine de citoyens ont manifesté leur mécontentement lors de la séance du conseil d'arrondissement, lundi soir. L'entente approuvée par 15 conseillers au lac-à-l'épaule de samedi, qui verrait Brompton fusionner avec l'arrondissement Rock Forest-Saint-Élie-Deauville, y trouvait bien peu d'alliés, voire aucun.
<p> Michel Lamontagne</p>
La colère gronde toujours à Brompton devant le projet de réforme de la gouvernance, alors qu'une trentaine de citoyens ont manifesté leur mécontentement lors de la séance du conseil d'arrondissement, lundi. L'entente approuvée par 15 conseillers au lac-à-l'épaule de samedi, qui verrait Brompton fusionner avec l'arrondissement Rock Forest-Saint-Élie-Deauville, y trouvait bien peu d'alliés, voire aucun.
« Au lendemain du 3 mars, est-ce qu'on travaille pour la défusion? », a interrogé d'entrée de jeu le citoyen Michel Lamontagne.
« Après le 3 mars, c'est la population de Brompton qui nous donnera notre mandat. Si le courant est fort pour qu'on analyse les possibilités de défusion, nous le ferons. Ce ne serait pas la voie facile, on s'entend. Après le vote, le gouvernement du Québec devra encore adopter ce changement pour amender le décret. Il y a peut-être encore des pressions que nous pouvons faire pour influencer le résultat. J'ai amorcé des démarches auprès de nos députés pour voir s'il est possible de faire respecter davantage le souhait de la population », a répondu la conseillère Nicole Bergeron.
« Depuis samedi, sur Facebook, par courriel et par plusieurs appels à la maison, les gens me parlent de défusion. C'est vraiment unanime. Ils sentent qu'ils se sont fait avoir », a assuré Pierre Meese, porte-parole du Groupe contre la disparition de Brompton.
« Ils font de la désinformation en disant que la défusion nous coûtera cher en taxes. Moi je dis que si on paye les mêmes taxes qu'aujourd'hui, on peut redevenir Bromptonville », a lancé Marcel Allaire.
Les élus sont revenus sur le processus du lac-à-l'épaule pour qualifier le travail effectué. « Nous avons été parmi ceux qui ont apporté le plus de propositions au lac-à-l'épaule. Nous avons collaboré. Nous n'avons pas seulement été présents. Nous avons posé des questions. Je pense que l'arrondissement de Brompton a montré beaucoup d'ouverture et a travaillé très fort pour influencer les élus. Je ne baisse pas les bras pour autant. Il serait important pour la population de Brompton de se présenter au vote du 3 mars. Et si nous pouvons parler en commission parlementaire auprès du ministre des Affaires municipales, nous le ferons », insiste Nicole Bergeron.
Le conseiller d'arrondissement Benoît Dionne en a ajouté. « Quand on dit qu'on a tout fait pour amener une proposition où on garderait notre arrondissement, nous proposions d'annexer Saint-Élie pour regrouper des territoires qui se ressemblent et contrer le déficit démocratique. C'est nous qui avons fait des concessions. Ce n'était pas le plan A qu'on défendait, mais le plan B pour sauver les meubles. Ils veulent nous associer avec un gros arrondissement plus populeux pour nous assimiler. On n'est pas assez sherbrookois à leur goût. Qu'est-ce qu'il a fait comme concession le maire : trois virgules et deux points. »
M. Dionne a déploré l'incapacité à faire bouger les élus du Renouveau sherbrookois. « Au lac-à-l'épaule, deux élues ont été muettes et quatre ont à peine parlé en se contentant de hocher la tête. C'est ça un parti politique. »
La citoyenne Sandra Côté était elle aussi en colère. « Je n'ai jamais vu la démocratie autant bafouée. Depuis le début, on se fait rouler dans la farine. Les consultations publiques étaient une mascarade, de la poudre aux yeux. Je trouve qu'on n'est pas respectés, qu'on nous considère comme des citoyens de deuxième zone. »
Michel Lamontagne abondait dans le même sens. « Je ne me vois pas aller poser des questions à mon arrondissement de Rock Forest-Saint-Élie-Deauville, qui est situé à plus de 15 kilomètres de chez moi. »