Coeur qui bat; filles qui rockent

Cette semaine à Discorama, des antipodes. On aime ça d'même.
Stéphane Longval
À force de battre
IndépendantL'auteur-compositeur-interprète sherbrookois Stéphane Longval lancera un nouvel album le 28 janvier prochain. Taillé dans le folk pop, À force de battre parle du coeur, le coeur qui bat et qui s'emballe. Et l'on ressent sans trop de difficulté que Longval a mis tout du sien dans la composition de l'oeuvre réalisée par Vincent Poirier. Par l'intensité qui émane des pièces, par l'émotion brute qui se dégage des mélodies, par l'écriture sincère, canal d'une panoplie de sentiments.
La chanson-titre À force de battre évoque très fort Paul Piché à l'ouïe. Autant dans la voix que dans la façon de rendre les mots. La pièce Une chanson sur ta bretelle, quant à elle, coule joyeusement grâce à un sifflotement qui illumine les partitions. Au détour, Si t'étais un arbre chatouille une fibre country. Le bijou de l'album est toutefois incarné par Les chassis, chanté en duo avec Steffy Blanchette (Jaune). L'amalgame des voix, couché sur une douce mélodie faite de piano, de guitare et de violon est d'une joliesse exquise.
Le lancement de À force de battre aura lieu le 28 janvier à la Combine.
L'album sera disponible chez Musique Cité et téléchargeable sur Bandcamp.
The Pack A.D.
Do not engage
Nettwerk Music GroupLa télé était allumée sur Much Loud (qui, soit dit en passant, souffre souvent d'un loud mollasson) quand est arrivée une toune du feu de Dieu : Haunt you par The Pack A.D. La comparaison avec The White Stripes fut inévitable (Jack White est personnifié ici par Becky Black (fou malade le jeu des couleurs) et Meg White par Maya Miller). Ce rock dépouillé, ce riff défoulant, cet ampli crinqué à 11. Quand j'ai eu ramassé ma mâchoire qui venait de débouler sur le plancher, je me suis dit que ça venait de faire ma journée.
Eh bien voilà que le duo féminin de Vancouver récidive le 28 janvier prochain avec un disque tout neuf, Do not engage, un cinquième opus en carrière. On a affaire ici à 11 titres très raw qui oscillent entre rock garage et grunge (Big Shot fait très années 90. Sors ta froque à carreaux et délecte-toi) en plus d'être teintés d'un soupçon de blues crasse. Outre la comparaison avec les White Stripes, on pense aussi à L7 par moment, on n'a pas le choix de le faire, peut-être à cause d'une familiarité entre les voix qui se veulent assez graves et parées d'une nonchalance bien sentie.
C'est sombre dans le placage d'accords, mais pas déprimé. C'est brut et entraînant. Et puis, il y a des ouh-ouh très dansants qui sont parsemés çà et là sur le disque (sur Stalking is normal entre autres, qui sonne bien en cibole).
Réalisé par Jim Diamond (White Stripes (tiens donc), Electric Six, The Mooney
Suzuki, Dirtbombs), le seul bémol de Do not engage est dans l'enrobage. Il y aurait eu façon, à mon oreille, de faire sonner l'album encore plus, comment dire, complet? Est-ce que c'est dû au manque de basse? Je ne saurais répondre. Mais il manque une légère touche de pesant qui aurait rendu le son encore plus rond (non, j'parle pas de vin là). Ce petit hic ne fait toutefois pas bouder le plaisir d'écouter Do Not Engage en boucle.