Érika Pinales-Grondin, Aglaé Boucher-Telmosse, Noémi Maltais, Julia Michail, Alexandre Fedrigo et Mathieu Grondin-Chauvette (absent) ont été confrontés à leurs limites physiques et psychologiques, cette semaine, en vivant durant cinq jours en itinérance.

Cinq jours pour l'itinérance : rude expérience pour six étudiants

Six étudiants de l'Université de Sherbrooke ont tenté l'expérience de l'itinérance cette semaine en se privant du confort d'un foyer, de revenus pour se nourrir et d'internet pour réseauter. «Ça nous fait beaucoup réfléchir comme expérience et ça faisait réfléchir les gens autour de nous, rapporte Julia Michail, étudiante en travail social. C'était cinq jours vraiment intenses, c'est sûr que quand ça se termine on est un peu triste, mais on a hâte de dormir, hâte de prendre une douche, hâte d'avoir un frigo rempli de nourriture. Manger des fruits et des légumes ça va être bon.»
Avec Alexandre Fedrigo, Noémi Maltais, Aglaé Boucher-Telmosse, Érika Pinales-Grondin et Mathieu Grondin-Chauvette, ils devaient dormir pendant cinq jours et cinq nuits sous un pavillon à l'extérieur de la faculté d'administration malgré la tempête de neige et le froid qui s'en est suivi, parcourir la ville à pied pour recueillir de l'argent et compter sur la bonne volonté des gens pour se nourrir. L'objectif était de sensibiliser la population à la réalité des itinérants, encore méconnue selon eux, et d'amasser 8000 $ de fonds pour la Table itinérance de Sherbrooke, un groupe de 25 représentants de différents secteurs visant à répondre aux besoins des itinérants.
Pas juste à Montréal
Au dire des participants, l'expérience «5 jours pour l'itinérance», une activité qui se déroule simultanément dans plusieurs universités au pays, a permis de faire comprendre aux gens qu'il n'y a pas que dans les grands centres urbains que vivent des itinérants.
«Les gens pensaient que les fonds recueillis allaient à Montréal et on devait leur dire que c'était bien ici, à Sherbrooke, que c'était remis; qu'il y a une équipe d'itinérance au CSSS et il y a du monde suivi pour ça ici», explique Alexandre Fedrigo.
«L'itinérance à Sherbrooke ce n'est pas comme l'itinérance à Montréal, ajoute Noémi Maltais. Elle est moins visible alors les gens pensent qu'elle n'existe pas. Juste leur dire que ça existe, même si on ne la voit pas, c'est une bonne sensibilisation.»
Affronter les préjugés
Qui plus est, même s'ils étaient vêtus de chandails orange indiquant très clairement la cause qu'ils supportaient, il n'y a pas que leurs limites physiques que les six étudiants ont dû surmonter, mais aussi leurs limites psychologiques. Au-delà du froid, de la faim et du manque de sommeil, le regard de certaines personnes pouvait être tout autant éprouvant.
«Le lundi on est allé à la cafétéria de l'Université gratter des assiettes pour souper et on nous trouvait bizarres. Souvent c'était plus des préjugés quand on demandait de l'argent ou quand on couchait dehors et qu'ils détournaient le regard. Mais c'est une semaine et la semaine prochaine je redeviens une étudiante et je vais avoir tout oublié, mais vivre ça chaque jour, chaque mois et chaque année, c'est lourd.»
Les six étudiants souhaitent maintenant que l'expérience se répète l'an prochain pour que la sensibilisation envers cette réalité, elle, finisse par s'installer.
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