John Mayal inaugure le Sherblues & Folk ce soir 20 heures au Granada. Au sommet de nos suggestions du festival.

Cinq artistes à surveiller au Sherblues & Folk

On ajoutait il y a quelques années le mot «folk» au nom du Sherblues, succincte manière de signaler qu'à l'instar des grands festivals de jazz de la planète, l'événement ouvre désormais grands les bras à (presque) toutes les musiques. Le choix a quelque chose d'un peu arbitraire; pourquoi ne pas carrément renommer l'événement Sherblues & Folk & Reggae & Indie Rock & Bluegrass et tutti quanti, ce qui correspondrait plus fidèlement à la réalité? Parce que c'est long en titi, vous dites? Ouain. Quoi qu'il en soit, voici cinq artistes tous azimuts à surveiller cette semaine.
John Mayall
Les 80 balais du légendaire bluesman John Mayall auraient de quoi nous faire craindre un concert erratique, du genre de ceux offerts récemment par Aretha Franklin (confuse) et B.B. King (escorté hors-scène en fauteuil roulant) au Festival international de jazz de Montréal, si les organisateurs du Sherblues ne nous assuraient pas main sur le coeur que le monsieur se tient toujours droit comme un piquet. Ouf.
Figure tutélaire du blues anglais, l'incontournable harmoniciste a accueilli dans les années 60 au sein de ses Bluesbreakers une ribambelle de guitaristes appelés à devenir des monstres sacrés: Eric Clapton (alias Dieu), Peter Green (qui fondera plus tard Fleetwood Mac) et Mick Taylor (qui succèdera à Brian Jones au sein des Rolling Stones). Soirée au potentiel historique, mercredi 9 juillet à 20h au Théâtre Granada.
Tiken Jah Fakoly
Le mot engagement n'a pas exactement le même sens pour les artistes du Québec, paradis de la liberté d'expression où l'on peut joyeusement vilipender le premier ministre sans craindre les représailles, que pour les artistes d'Afrique. Exemple? Le reggaeman ivoirien Tiken Jah Fakoly a essuyé des menaces de mort et été interdit de séjour au Sénégal après avoir réclamé le départ du président Wade.
Saluons donc la bravoure de l'héritier de Bob Marley, qui lutte pour que ses compatriotes du continent oublié trouvent enfin la lumière. «Il faut se lever», chantait-il en 2010 sur son album African revolution, une invitation à entendre autant au propre qu'au figuré qu'il n'aura sans doute à prononcer deux fois sur la Grande scène extérieure de Wellington Sud, vendredi 11 juillet à 20h.
Le Trouble
On peut difficilement faire moins blues que Le Trouble. Faut-il pour autant boycotter la formation montréalaise? Pas pantoute, d'autant plus qu'elle ne remettra peut-être pas les pieds à Sherbrooke de sitôt. Fort de l'imprimatur de la maison américaine Lava Records et de nombreux paragraphes élogieux signés par d'influents magazines et blogues, son indie pop conquiert présentement la planète musique.
À la fois élève de Springsteen et de la britpop, Le Trouble catapulte de tyranniques refrains poing-en-l'air alors que son chanteur d'origine australienne, Michael Mooney, vadrouille la scène. Vendredi 11 juillet à 23h à la Petite Boîte Noire.
Eddie Shaw & the Wolfgang
Vous aimez votre bluesman lorsqu'il lorgne du côté de la pop? Passez votre chemin devant Eddie Shawn, gardien des sceaux du blues de Chicago qui a coudoyé tout ce que cette Mecque a produit de personnages mythiques (Howlin' Wolf, Magic Sam, Muddy Waters).
Le rugissant saxophoniste de 77 ans souffle dans son instrument comme un boulanger pétrit de la bonne baguette: en respectant pieusement la tradition. Le 12 juillet à 20h sur la Grande scène extérieure.
The Franklin Electric
Il y a deux ans, Half Moon Run allumait grâce à ses incandescents crescendos et à son volcanique lyrisme un brasier dans le coeur de tous les mélomanes agglutinés devant la petite scène du Boquébière. Les quatre montréalais d'adoption sont depuis devenus les coqueluches que l'on sait; un Théâtre Granada rempli à ras-bord viendrait l'année suivante communier à l'autel de ses refrains stellaires.
The Franklin Electric, objet de ce que vous nous permettrez de nommer un buzz, a le pouvoir de causer un émoi semblable le 12 juillet à 23h dans la même microbrasserie de Wellington Nord.