Mélissa Labonté, nutritionniste, et Chantal Hénault, psychologue, animeront dès le mois de mars les rencontres du programme «Choisir en maigrir?» à la Clinique de santé Jacques-Cartier.

Choisir la santé?

Abus des Fêtes et résolutions obligent, c'est la saison par excellence des embouteillages dans les salles de yoga et des montées compulsives sur le pèse-personne. Si vous vous sentez préoccupés par votre poids, ne vous sentez pas seuls.
Depuis un temps déjà, on se met à associer le terme «obésité» à celui d'«épidémie». Rappel de l'ampleur du problème: selon les données de l'Organisation mondiale de la santé, le surpoids et l'obésité arrivent au cinquième rang des facteurs de risque de mortalité. Et globalement, donc, en tenant compte des populations du tiers monde, plus d'un adulte sur dix serait obèse.
Évidemment, énonçant les causes du bobo, l'OMS pointe les mauvaises habitudes de vie qui favorisent un déséquilibre entre les calories ingérées et celles qui sont dépensées. Suivant cette logique, la solution consisterait à manger moins et à bouger plus. Pourquoi, alors, n'est-ce pas si facile?
«Les personnes veulent perdre du poids rapidement alors qu'elles l'ont pris sur plusieurs années, explique Mélissa Labonté, diététiste-nutritionniste. Elles sont impatientes et utilisent parfois des diètes strictes, difficiles à tenir à long terme, qui les entraînent dans un cercle vicieux. » La stratégie s'avère inadéquate, voire risquée. «Avec le temps, cela entraîne une relation malsaine avec les aliments, différents problèmes de comportements alimentaires et une faible estime de soi», poursuit la professionnelle de la santé.Et on en vient à l'autre versant du problème. La privation de nourriture et l'obsession d'une taille de pantalon ne sont pas toujours réellement justifiées par une préoccupation de santé. La motivation se cache bien souvent du côté de l'image corporelle. On veut se trouver beau. Se débarrasser du gras qui mine l'estime personnelle. En attendant que la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée fasse son oeuvre, l'équation apport calorique moins dépense calorique ne suffit pas pour atteindre l'acceptation de son corps.
Le programme «Choisir de maigrir?» a le mérite de reconnaître l'importance des facteurs psychologique et socioculturel, en plus de celle de la dimension biologique, dans une démarche d'amaigrissement. « Cette approche tient compte de la difficulté de changer des habitudes et des comportements, souligne Chantal Hénault, psychologue. Les changements auront des impacts psychologiques aux niveaux cognitif, émotionnel, relationnel et social. »
En 14 séances animées par une diététiste-nutritionniste et une psychologue, une quinzaine de femmes discutent, dégustent et prennent part à des ateliers pour apprendre à se valoriser autrement que par leur corps, en plus d'adopter des habitudes de vie saines. «Les 45 heures de rencontre de groupe mènent à une décision éclairée en matière d'amaigrissement et par l'élaboration de son propre plan d'action», note Mélissa Labonté.
«Pour que les participantes se sentent mieux et qu'elles se libèrent de leur détresse face à la nourriture et au corps afin d'atteindre une meilleure santé physique et psychologique», précise Chantal Hénault.
Pour l'instant, «Choisir de maigrir?» s'adresse spécifiquement aux femmes préoccupées par leur poids. «Toutefois, Équilibre [l'organisme sans but lucratif qui a élaboré la démarche] travaille à un programme qui cible les hommes», annonce Mélissa Labonté.
Le programme, reconnu par le ministère de la Santé et des services sociaux du Québec, est offert à travers la province. À Sherbrooke, Mélissa Labonté et Chantal Hénault accompagneront un nouveau groupe de participantes à la Clinique de santé Jacques-Cartier dès le mois de mars. Une séance d'information aura lieu fin février. Renseignements au 819-565-2706.