Cinq ans après l'ouverture des laboratoires sherbrookois de Charles River, les objectifs de départ sont loin d'être atteints, principalement à cause de la crise économique de 2008 qui n'a pas épargné l'industrie pharmaceutique.

Charles River : un bilan positif malgré tout

Un bâtiment de levé plutôt que les quatre prévus initialement. Création de 105 emplois plutôt que 1000 et aucune embauche prévue à court terme. Un investissement de 40 M$ plutôt que 140 M$. Cinq ans après l'ouverture des laboratoires sherbrookois de Charles River, les objectifs de départ sont loin d'être atteints, principalement à cause de la crise économique de 2008 qui n'a pas épargné l'industrie pharmaceutique. Mais malgré tout, l'aventure demeure très positive, selon Sherbrooke Innopole.
«C'est certain qu'on serait plus heureux avec une entreprise qui compte un millier d'employés. Mais Charles River, c'est quand même en moyenne 20 M$ de chiffre d'affaires annuel à Sherbrooke. Des millions qui proviennent à 100 pour cent de clients de l'extérieur du Québec. Environ 40 pour cent de ces revenus sont dépensés en masse salariale. Cela représente environ 8 millions de dollars versés à des employés qui habitent la région sherbrookoise et qui dépensent et paient des taxes ici», souligne la directrice de la filière Développement des affaires Sciences de la vie chez Sherbrooke Innopole, Josée Blanchard, précisant que le taux de roulement des employés est quasi nul ce qui démontre le haut taux de satisfaction de ces derniers.
En plus des dépenses salariales, les laboratoires de recherche préclinique de la 12e avenue décaissent un autre 20 pour cent de ses revenus, soit 4 M$, en achats locaux, selon les informations transmises par Charles River à Sherbrooke Innopole.
«On parle donc d'une somme de 12 millions de dollars investis dans la région année après année», résume Mme Blanchard, ajoutant que cette somme couvre largement les 2,4 M$ de crédit de taxes offert par la Ville de Sherbrooke depuis l'ouverture de l'entreprise en mai 2009. Des crédits de taxes dégressifs qui prendront fin en 2018 et qui sont offerts à toutes les nouvelles entreprises qui s'installent en sol sherbrookois. Par ailleurs, Charles River aura payé près de 1,6 M$ de taxes municipales à la fin 2014.
Contrats et partenariat
Et les retombées économiques pour la région ne s'arrêtent pas là puisque le Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel profite également de la présence de Charles River dans la région. «On a obtenu des contrats de recherche en imagerie préclinique par l'entremise de Charles River et nous avons la ferme intention de développer un partenariat avec cette entreprise qui nous a offert certains services gratuitement au cours des dernières années», soutient Martin Toussaint, chef de projet et président du comité d'évaluation scientifique du Centre de recherche.
Charles River est également, aux yeux de Sherbrooke Innopole, un excellent ambassadeur pour la région. «La direction parle souvent en bien de Sherbrooke sur la scène internationale et cela pourrait nous aider à recruter d'autres entreprises de l'industrie», relate Mme Blanchard ajoutant que le site de Sherbrooke est un exemple de performance pour la multinationale.
«C'est un centre ultra moderne et c'est à Sherbrooke qu'ils ont développé de nouvelles cages pour animaux aux standards plus élevés», relate Mme Blanchard, ajoutant que l'efficacité des laboratoires sherbrookois explique pourquoi le centre a survécu à la crise économique alors que des sites situés à Lachine, en Californie et à Boston ont fermés depuis 2007.
Il n'est pas exclu de construire les autres bâtiments prévus au plan initial, mais pas dans les plans à court terme. «La reprise économique se fait sentir depuis 2011, mais elle est encore trop légère pour penser à une expansion», résume Mme Blanchard qui est en contact régulièrement avec le directeur général du site sherbrookois, Michael Broadhurst.