Claude Routhier

Cascades: «Quand la réalité arrive, ça donne un coup»

C'est avec le coeur gros que les employés de Cascades ont quitté la rencontre avec la direction mercredi matin. Ils ont dû laisser derrière eux les derniers espoirs qu'a ravivés cet hiver le plan de relance de la division papier.
<p>Guy Gilbert</p>
« Je n'ai même pas un secondaire 5, je ne sais pas ce que je vais faire », a lancé avec émotion l'opérateur de machine, Guy Gilbert. Peu importe la raison de l'échec de la transaction, le résultat est le même : les 180 employés de l'usine devront se retrouver un autre emploi dans un contexte qui n'a rien de facile. « C'est dur à expliquer, je suis trop pogné dans mes sentiments », a-t-il laissé tomber, ses 32 années d'expérience derrière lui.
D'autres semblent s'être déjà faits à l'idée. « Dans mon cas, je m'y attendais un peu. Ça fait au-dessus d'un an qu'on vit dans l'incertitude. C'est de quoi qu'on envisageait, mais quand même, quand la réalité arrive, ça donne un coup pareil. On est une famille », a souligné l'électricien et employé depuis 28 ans, Claude Routhier. Une famille dont les membres comptent pour la plupart entre 20 et 30 ans d'expérience.
Reclassement obligé
Le président et chef de Cascades Groupes produits spécialisés (GPS), Luc Langevin, assure que l'entreprise travaillera fort durant les trois prochains mois pour « reclasser » les employés, même ceux plus âgés qui n'ont pas de diplôme autre que celui du secondaire.
« On embauche des gens comme ça ailleurs dans les autres usines de Cascades. Ce sont d'excellents travailleurs. L'usine d'East Angus était reconnue pour la qualité, la loyauté et les compétences de ses employés. Il y a des employés spécialisés aussi [...] qui ont une grande valeur sur le marché. On va les adresser un par un, on va faciliter le processus. »
Le régime de retraite déficitaire sera aussi remboursé par l'entreprise. « On va assumer l'ensemble de nos responsabilités », dit-il.