Cascades East Angus: une première est franchie, se réjouit le maire

Le maire d'East Angus, Robert Roy, s'est réjoui du nouveau plan de relance présenté aux employés de l'usine Cascades East Angus. Malgré les concessions demandées, ils ont été plus de 86 % à l'entériner cette semaine.
« Au-delà d'East Angus, c'est une excellente nouvelle surtout pour les familles. Ensuite, bien sûr, on est contents pour la municipalité. Il y a de bons employés dans cette usine », souligne-t-il.
La prochaine étape, précise le maire, est de finaliser l'entente. « L'ouvrage commence pour eux, il reste tout à booker maintenant », explique-t-il. 
Pour M. Roy, qui a déjà travaillé de l'intérieur à restructurer des entreprises, l'entente aura des répercussions positives. « Ce qui est intéressant, c'est que ça vient aussi sécuriser les clients », dit-il.
Selon lui, voilà pourquoi les négociations ont été gardées si secrètes durant les derniers mois. « Ce genre de chose, il faut que ça se fasse vite. »
Si la Ville ne peut avoir un rôle de créancier dans ce dossier, elle contribue néanmoins d'une autre façon. « Ce que je donne ces temps-ci, c'est de mon temps. La chance que j'ai, c'est de savoir où aller chercher les sommes dont ils ont besoin », conclut-il.
« Une garantie »
Pour le président de la Fédération de l'industrie manufacturière (FIM-CSN), Alain Lampron, l'acceptation du plan de relance n'est aussi que le début de l'aventure. « Ce qu'a fait le vote des employés cette semaine, c'est de donner un mandat à Gino Lévesque pour qu'il fasse le reste des démarches », explique-t-il.
M. Lévesque, ancien directeur de division, est celui que les actionnaires ont chargé de présenter un plan de relance. « Ça prenait quelqu'un qui connaissait l'industrie », affirme M. Lampron.
Le trio d'acheteurs, composé du gouvernement du Québec, du Fondaction de la CSN et d'un groupe d'investisseurs privés, a maintenant une sorte de « garantie » de la part des employés.
« C'est sûr qu'ils ne voulaient pas acheter une entreprise où il n'y avait pas de contrat de travail », indique-t-il.
Les employés ont cependant dû faire des concessions. La plus importante est celle d'avoir cédé un régime de retraite à prestations déterminées pour un REER collectif.
Le ministre responsable de l'Estrie sortant Réjean Hébert a confirmé l'intérêt du gouvernement du Québec envers la relance de l'usine. « On suit ce dossier-là de près », a confirmé hier celui qui affirme en avoir parlé à plusieurs reprises avec la ministre déléguée à la Banque de développement économique sortante Élaine Zakaïb. « L'étape qui a été franchie hier (mercredi) est importante. Le gouvernement du Québec va être en appui », a-t-il ajouté.
Du côté de Cascades, le porte-parole Hugo d'Amours soutient que cette transaction est vue d'un bon oeil. Sans vouloir faire plus de commentaires, il précise que l'entreprise n'a pris part à aucune des tractations au cours des derniers mois.
Alain Lemaire convaincu du succès de la relance
C'est avec un pincement au coeur qu'Alain Lemaire voit l'unité d'East Angus, acquise il y a maintenant une trentaine d'années, quitter tranquillement les rangs de Cascades. Il est tout de même heureux de constater qu'elle ne sera pas fermée.
« Ça fait toujours mal au coeur de laisser aller une entreprise comme celle-là. Je m'en suis occupé pendant 20 ans. Peut-être aurions-nous pu la sauver, mais nos actionnaires trouvaient que nous avions déjà été trop patients », a indiqué l'homme d'affaires.
M. Lemaire ne regrette pas la décision, mais croit que l'avenir sera prospère pour les nouveaux investisseurs. Le contexte a effectivement changé quelque peu depuis que Cascades a choisi de se départir de son unité.
« Le timing est assez bon pour eux étant donné la hausse du dollar canadien. À peu près 80 % de leurs ventes se font aux États-Unis. J'aurais aussi confiance en Gino Lévesque, celui qui est pressenti pour reprendre ça. C'est un gros plus pour l'entreprise, s'il obtient l'appui des employés », a-t-il statué.
M. Lemaire fait également référence à un nouveau représentant, embauché au cours de la dernière année, qui a su amener beaucoup de nouvelles idées à l'entreprise. L'usine d'East Angus doit effectivement revoir sa gamme de produits afin de prospérer.
« Il y avait des produits que nous fabriquions là et qui n'étaient pas rentables. Nous ne pouvions pas nous permettre de fermer l'usine quelques jours non plus, ça ne fonctionne pas », a conclu le cadet des frères fondateurs de Cascades.