Pour Sébastien Ruette et Dominique Larose, respectivement conseiller en placement associé et conseiller en placement, même s'il n'existe pas de recette miracle pour économiser, certaines habitudes peuvent favoriser l'épargne.

Cap sur l'épargne

Lorsqu'on discute finance, on ne peut passer à côté de l'épargne. Ça explique peut-être pourquoi on nous casse sans cesse les oreilles avec ce sujet. Le principe est simple. Nul besoin d'être un économiste pour comprendre. Si vous gérez votre budget au jour le jour, sans penser au lendemain, vous risquez au fil des ans d'avoir quelques surprises.
Disons que les sources d'imprévus sont nombreuses. Quand ce n'est pas la maison qui tombe en morceaux, c'est la voiture qui fait de drôles de bruits. Et ça, c'est sans parler de votre retraite. Alors comment on s'y prend? Pour Dominique Larose et Sébastien Ruette, respectivement conseiller en placement et conseiller en placement associé, même s'il n'existe pas de recette miracle pour économiser, certaines habitudes peuvent favoriser l'épargne.
«Nous recommandons d'automatiser votre épargne, c'est-à-dire de programmer des virements automatiques à partir de votre compte de banque vers un compte de placement, selon votre fréquence de paie. Une fois que l'habitude est bien ancrée ou que votre situation financière le permet, je recommande d'augmenter le montant», explique M. Ruette.
D'autres habitudes peuvent également vous aider à économiser comme commencer à épargner tôt et payer vos dettes. «Il est préférable de rembourser en premier les dettes dont les intérêts sont les plus élevés, comme c'est le cas avec les cartes de crédit, les prêts personnels et les marges de crédit. À titre d'exemple, il vaut mieux rembourser un solde impayé sur une carte de crédit qui a un taux d'intérêt à 19.9 pour cent plutôt que d'investir dans les marchés financiers», ajoute-t-il.
Vers une augmentation de l'épargne
Pour certains, ces habitudes vont de soi, mais pourtant, selon les plus récents sondages de l'Institut québécois de planification financière (IQPF), c'est seulement 55 pour cent des Québécois qui ont un plan pour leur avenir financier. Difficile à comprendre. Malgré tout, M. Larose est confiant pour le court erme. «Au sein de notre clientèle, on s'attend à ce qu'il y ait une augmentation de l'épargne au niveau des REER et des CELI en 2014, puisque les marchés boursiers ont connu des rendements exceptionnels en 2013 et cela suscite beaucoup d'enthousiasme chez les investisseurs.»
Mais comment faire changer les habitudes des Québécois à long terme? Pour les deux conseillers en placement, la solution pour augmenter l'épargne des ménages est tout simplement de vivre davantage selon ses moyens. L'achat d'une maison est un bon exemple.
«Une erreur fréquente pour les familles consiste souvent à acheter une maison trop chère. Une famille devrait toujours acheter une maison selon sa capacité de payer actuelle et future. Si les taux d'intérêt augmentent considérablement, les versements hypothécaires seront plus élevés. Il est donc important de se garder une marge de manoeuvre en cas de coup dur», analyse M. Larose.
Il faut donc agir de façon raisonnée et en fonction de son budget. Pour les gens qui doutent encore du bien-fondé de l'épargne, M. Ruette a un dernier conseil pour vous.
«Dans un contexte où l'âge pour recevoir les prestations de la sécurité de la vieillesse passera de 65 à 67 ans, où plusieurs caisses de retraite sont en déficit et où plusieurs entreprises mettent fin à leur régime de retraite à prestations déterminées, si vous désirez une retraite confortable, il vaut mieux la planifier soi-même avec l'aide d'un professionnel et commencer le plus tôt possible.»