Après le dépôt dépôt du budget provincial, le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, le président de la CRÉ, Jacques Demers, le vice-président régional chez Raymond Chabot Grant Thornton, Réal Létourneau, la présidente de la Chambre de commerce de Sherbrooke, Annie Lessard, et le président de la Chambre de commerce de Fleurimont, François Bouchard, semblaient tous d'accord pour dire qu'une couleur électorale décorait le budget présenté par le Parti québécois.

Budget Marceau: un plan de match difficile à appliquer

Profitant du fait que le moment le plus excitant du huis clos du budget 2014-2015 fut le but gagnant compté en prolongation par les hockeyeuses canadiennes, Réal Létourneau utilise l'image de notre sport national pour résumer les faits saillants du budget du ministre des Finances, Nicolas Marceau : « le plan de match est connu, mais il sera difficile de l'appliquer. »
Selon le vice-président régional chez Raymond Chabot Grant Thornton invité à La Tribune en compagnie de quelques autres intervenants régionaux afin de commenter le budget 2014-2015, pour respecter ce « plan de match » le gouvernement devra faire preuve de beaucoup de rigueur.
«On n'a pas présenté les crédits budgétaires, on ne sait pas où compte couper le gouvernement.»
« Le gouvernement Marois avait deux choix : offrir des bonbons à la population avant les élections ou être rigoureux, indique M. Létourneau. Il a choisi la deuxième option, c'est-à-dire l'enjeu de la rigueur plutôt que des promesses. J'apprécie cette décision. On n'ajoute pas de nananes, mais on n'en coupe pas non plus. Mais il faudra travailler fort pour atteindre les 3 % d'augmentation de dépenses dans le milieu de la santé et de l'éducation. Tout va passer par la négociation du salaire des employés du secteur public en fonction de la croissance de l'économie. »
Puisque ce budget pourrait servir de rampe de lancement à des élections générales printanières, le ministre des Finances n'aurait pas voulu faire de grandes vagues.
« On dirait que ce budget a été construit pour ne pas déplaire à personne! » lance François Bouchard, président de la Chambre de commerce de Fleurimont.
« En fait, c'est un budget qui n'en est pas un, ajoute aussitôt le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny. On n'a pas présenté les crédits budgétaires détaillant les dépenses par ministère. On ne sait pas où compte couper le gouvernement. Les programmes d'immobilisation et d'infrastructures ne sont même pas connus! »
« Ces crédits vont suivre, mais on aurait aimé les connaître immédiatement », rétorque Jacques Demers, président de la Conférence régionale des élus.
« L'exercice est incomplet, en effet, partage la présidente de la Chambre de commerce de Sherbrooke, Annie Lessard. Toutefois, quand j'entends parler de réingénierie totale de l'État et d'amélioration de la productivité des différents services, je ne peux faire autrement que d'aimer ça! Sans les élections, le budget aurait été fort différent. »
L'une des plus grandes inquiétudes de Jacques Demers concerne les tarifs en garderie qui augmenteront à 8 $ en septembre et à 9 $ en 2015. « Est-ce que le revenu des familles sera assez bonifié pour leur permettre d'effectuer ces dépenses supplémentaires? Je le souhaite! » affirme M. Demers.
Bref, le gouvernement mettrait la table pour les élections à venir possiblement au printemps. « La population retiendra que les taxes et impôts n'augmenteront pas, mais on finit toujours par payer plus d'une façon ou d'une autre! » estime François Bouchard.