Plusieurs années d'expérience séparent l'adolescent gêné qu'a été Robert Legault et l'annonceur volubile qu'il est aujourd'hui.

Bob Legault en stéréo

Robert « Bob » Legault, homme à tout faire derrière le micro, ne compte plus les manches à animer avec une énergie inépuisable les foules venues voir un match de baseball. Sa passion pour ce sport résonne dans les haut-parleurs depuis 24 saisons déjà.
« L'animation d'un événement sportif, ça ne s'apprend pas dans une école », dit d'emblée Robert Legault, animateur maison des Expos de Sherbrooke et des Blue Sox de Thetford Mines, aussi responsables de la musique pour les Aigles de Trois-Rivières et relationniste pour la Ligue de baseball senior élite du Québec (entre autres). « Il y a une certaine psychologie. Un DJ de bar ne fera pas un bon animateur, et vice versa. »
De grands classiques
Une chose est sûre, les classiques ne sont pas les mêmes. Sweet Caroline et Take Me Out to the Ball Game sont au nombre des incontournables, mais Bob n'hésite pas à naviguer, au gré du moment, entre Rock et belles oreilles, les dessins animés et la chanson québécoise.
Il se targue d'avoir plus de 550 chansons différentes à faire jouer si un joueur se fait retirer. Assez pour la saison au grand complet, ou presque. D'autres chansons ont un rôle tout trouvé : « L'entraîneur qui change son lanceur, ça va être Avant de me dire adieu des Classels qui va jouer. Ou encore Je reviens te chercher, de Gilbert Bécaud ».
L'animation fait partie du jeu
La plus grande qualité d'un animateur maison? « Faire preuve de répartie selon la situation de jeu ». La technologie facilite la tâche à l'animateur d'aujourd'hui. Bob se souvient d'une époque pas si lointaine où l'animation musicale se faisait avec des cassettes et des cds. « Fallait pitonner pour placer les tounes, pour que tout soit prêt selon la séquence de jeu. J'en avais deux de prêtes plus un avec le cd des tounes des joueurs ».
Toutes les équipes n'ont pas leur annonceur maison, et encore moins un annonceur maison tel que Bob Legault. Conscient de ne pas faire l'unanimité, il philosophe : « Il y en a qui adorent, il y en a qui pensent que c'est un peu trop. Dans la ligue, les Expos ont été les premiers à faire autant d'animation pendant les matchs. Le succès des Expos, c'est cette convivialité qu'on a avec les gens. Même lors des défaites, les gens repartent du stade contents parce qu'au moins ils ont eu un bon spectacle. »
Un passé multiple
Plusieurs années d'expérience séparent l'adolescent gêné qu'a été Robert Legault et l'annonceur volubile qu'il est aujourd'hui, statistiques au bout des doigts et mémoire fulgurante à l'appui. « Quand j'étais jeune, j'avais plusieurs de mes oncles qui jouaient au ballon-balai. Je m'amusais à annoncer les buts et les punitions. »
C'est pourtant au détour de la radio, « par accident » et pour remplacer Martin Bédard, que Robert s'installera dans les gradins pour y rester, mais pas s'y cantonner. En plus des tournois provinciaux, championnats canadiens de toutes sortes, jeux du Québec ou du Canada, il a également animé des matchs de hockey, des mariages, des partys et des cinquantièmes anniversaires. À travers tous ces événements, il travaille à temps plein comme livreur, debout aux aurores, parfois quelques heures seulement après la fin d'une partie.
Robert Legault a son propre style, inspiré peut-être du ton paternel d'un Jacques Doucet et de la couleur que peut apporter Rodger Brulotte. Dans tous les cas, le timbre de sa voix ne trompe pas. Même sur sa boîte vocale, on reconnaît l'animateur.