Bishop's ne reverra pas les conditions salariales de son principal

Malgré l'ampleur des dernières compressions touchant l'Université Bishop' s et les autres universités de la province, il n'est pas question de revoir les conditions salariales du principal Michael Goldbloom. De son côté, l'Université de Sherbrooke n'exclut pas de revoir les conditions salariales de ses cadres, à l'instar de celles des employés.
« À l'heure actuelle, ce n'est pas dans nos plans », a commenté le président du conseil des gouverneurs de l'Université Bishop' s, Robert Hall, lorsque interrogé sur cette possibilité.
« L'origine du contrat date de 7 ou 8 ans et ça a été renouvelé il y a un an », rappelle-t-il. « Les conditions d'emploi ont été établies avec des universités similaires, comme l'Université Acadia. Ce sont des universités semblables, qui offrent des programmes surtout de premiers cycles et la population étudiante vient d'un peu partout au Canada. Sa rémunération est tout à fait dans la moyenne. »
Rappelons qu'un quotidien montréalais a fait état des conditions salariales de M. Goldbloom, l'un des dirigeants d'université les mieux payés au Québec, plus tôt cette semaine. L'article faisait notamment ressortir la compensation qu'il lui est offert de 250 $ par nuit lorsqu'il doit séjourner dans la métropole, dans sa résidence. M. Hall défend cette façon de faire.
« On trouve ça raisonnable qu'il reste chez lui plutôt que de devoir payer des frais de stationnement, de restaurant (s'il allait à l'hôtel). » « On ne paie pas son hypothèque, on paie son salaire », lance M. Hall. Le salaire de M. Goldbloom est d'un peu plus de 273 000 $. Son deuxième mandat sera d'au moins cinq ans.
Les grandes lignes du contrat de M. Goldbloom ont été dévoilées alors que les universités nagent en pleines compressions budgétaires. Bishop' s a planifié un budget déficitaire de 1,4 M$ ce printemps, ce à quoi doit s'ajouter de nouvelles compressions de 1 M$.
L'article faisait ressortir que M. Goldblloom gagne environ 100 000 $ de plus par an que les recteurs du réseau de l'Université du Québec, dont les établissements sont beaucoup plus gros. Bishop' s n'a toutefois pas été comparée au réseau de l'UQ au moment d'établir les bases du contrat, note M. Hall.
Peu après son arrivée, La Tribune avait fait état des conditions de travail de M. Goldbloom, plus généreuses que celles de son prédécesseur, Robert Poupart, et du fait qu'il n'avait rien à envier au recteur de l'Université de Sherbrooke Bruno-Marie Béchard, alors en poste.
M. Hall rappelle que le contrat de M. Goldbloom repose sur une évaluation de son travail. « Quand il est arrivé à Bishop' s, le nombre d'étudiants diminuait, la situation financière était difficile... Il a su prendre les bonnes décisions », note M. Hall en soulignant que Bishop' s a atteint un nombre record d'étudiants cet automne. Bishop' s vit maintenant une situation difficile en raison des problèmes de financement, commente-t-il également.
De son côté, la rectrice de l'UdeS, Luce Samoisette, gagne un salaire de 295 000 $ (sans les avantages sociaux). L'institution gère un budget de l'ordre de 400 M$, comparativement à 49,5 M$ à Bishop' s.
En raison de « l'ampleur de la commande », revoir le salaire des cadres et les conditions salariales des employés n'est pas exclu, selon Martin Buteau, vice-recteur aux ressources humaines et financières, et recteur adjoint. Récemment, Mme Samoisette a fait valoir que tous les scénarios seraient étudiés afin de faire face aux compressions. « On est en train de faire le tour de la question », note M. Buteau.