Affublé du numéro 11, le nouveau porte-couleurs du Phoenix, Matej Beran, a marqué deux buts dimanche face aux Remparts de Québec. Et ce n'est qu'un début, espère-t-il.

Beran veut marquer avec le Phoenix

Matej Beran a touché de près à son rêve de jouer dans la «meilleure ligue au monde», cet automne, alors qu'il a été invité au camp des recrues des Blue Jackets de Colombus. La nouvelle acquisition du Pheonix espère maintenant que son passage à Sherbrooke lui permettra d'attirer à nouveau les regards des recruteurs du circuit Bettman.
D'aussi loin qu'il se souvienne, le natif de Plzen, une ville de la même taille que Sherbrooke en banlieue de Prague, la capitale de la République tchèque, a toujours rêvé à la Ligue nationale de hockey. Heureusement pour lui, il a reçu de son père un talent indéniable et un imposant physique, lui qui mesure 6'4'' et fait osciller la balance à 215 livres.Convaincus du potentiel de leur garçon, les Beran lui ont permis de quitter le nid familial très jeune afin d'aller poursuivre son développement, notamment en Suède alors qu'il n'était âgé que de 15 ans. Dès l'année suivante, il déménageait ses pénates au Canada, où «se joue le meilleur hockey au monde», dit celui qui n'a pas été repêché par une équipe de la LNH.
«J'ai grandi dans LA ville du hockey en République Tchèque (hockeytown) et c'est mon père qui m'a initié à ce sport étant lui-même un joueur, raconte Beran, qui a été obtenu début janvier en retour de Samuel Jutras. J'ai décidé de venir au Canada et particulièrement au Québec parce que nous croyions que c'est l'endroit qui me permettrait le mieux de me développer et d'atteindre le prochain niveau.
«Le style de jeu pratiqué dans la LHJMQ s'apparente davantage à celui de l'Europe que les ligues de l'Ontario et de l'Ouest, enchaîne l'auteur d'un doublé, dimanche, dans la défaite crève-coeur de 5-4 face aux Remparts de Québec. Ici, le jeu est rapide et il y a beaucoup de lancers.»
Lors de son séjour au camp des recrues des Blue Jackets en septembre dernier, Beran a eu l'occasion de participer au tournoi des recrues à Traverse City au Michigan. Il a pris part à deux rencontres, marquant un but dans une défaite de 7-1 aux dépens des espoirs des Stars de Dallas. Il n'a malheureusement pas signé de contrat au terme de la compétition.
Marquer des buts et aider les jeunes
À ses deux premières saisons dans le circuit Courteau avec le Rocket de l'Île-du-Prince-Édouard, maintenant les Islanders de Charlottetown, le numéro 11 du Phoenix a connu passablement de succès, amassant 110 points en 114 matchs. Sa production tournait quelque peu au ralenti cette année, alors qu'il avait engrangé 25 points en 38 rencontres avant d'être envoyé à Sherbrooke.
«Je suis heureux d'obtenir un nouveau départ avec le Pheonix, une équipe jeune qui me permettra de jouer un rôle important et de marquer des buts, souligne celui qui a obtenu cinq points en quatre matchs depuis son arrivée. C'est une organisation de première classe et mes coéquipiers sont supers! J'ai déjà développé des affinités avec Audette (Daniel) et Wieser (Tim).»
«Matej nous amène une présence physique que nous n'avions pas. C'est un joueur calme avec la rondelle. Il n'a pas peur de ralentir le jeu et ça calme tout le monde autour de lui», indique son nouvel entraîneur, Judes Vallée.
Même s'il possède des qualités assurément recherchées par les équipes professionnelles, soit un tir dévastateur et un bon gabarit, Beran devra améliorer certaines choses afin de recevoir un autre appel au terme de la saison, estime le pilote du Phoenix.
«Il doit travailler sur son coup de patin ainsi que sur son éthique de travail, explique-t-il. Les gars de son gabarit donnent souvent l'impression de ne pas travailler, alors il doit en donner encore plus.»
«Je sais bien qu'il faut que je travaille là-dessus», termine en rigolant l'affable jeune homme.