Balade dans les sentiers du mont Hereford

Dans les enclos temporaires, les chevaux se ravitaillent après une longue randonnée à travers les sentiers du mont Hereford, une des sept randonnées organisées par Estrie à cheval pendant la saison estivale 2014.
« Ce que j'aime le plus de l'équitation de plaisance, c'est que ce sont des gens de toutes les classes sociales, qui viennent de tous les milieux et de tous les métiers, partage Jacques Tremblay, président d'Estrie à cheval. Et lorsqu'on se rencontre, on est tous habillés pareil, on a tous un t-shirt, une paire de jeans, un chapeau sur la tête, une paire de bottes et un cheval. Impossible de savoir qui est qui ou combien vaut le cheval! On est tous sur le même pied d'égalité. »
Parmi les randonneurs du samedi, Jonathan Audet et Tamara Hagmann ont opté pour la randonnée au pas-trot, moins exigeante que le galop. Jonathan pour éviter que sa jument Rosie qui n'est pas ferrée se blesse aux pieds et Tamara pour ménager sa jument Skipe, laquelle a été bridée le mois dernier. Leur partenaire de vie respectif ne partageant pas leur passion pour les chevaux, Tamara et Jonathan se retrouvent le temps d'une sortie équestre. « Je crois qu'on m'a injecté une dose de passion pour les chevaux quand je suis venue au monde! », lance Tamara en riant. Contraint d'abandonner la production laitière, Jonathan a comblé son amour pour les gros animaux en remplaçant les vaches par les chevaux. « Faire du cheval, ça t'enlève le train-train quotidien de la tête, tu peux penser à autre chose. »
700 km de sentiers
Estrie à cheval compte une centaine de membres, mais selon le président, « à la différence de certains autres clubs, nous ne sommes pas un club de cavaliers, mais de sentiers. Un de nos premiers mandats est donc le développement du sport équestre en Estrie, c'est-à-dire le développement de sentiers. Nous avons aujourd'hui près de 700 kilomètres de sentiers. Le secteur de Saint-Herménégilde est relativement jeune, mais il présente un fort potentiel, notamment avec le mont Hereford. Sans vouloir être prétentieux, je crois qu'en Estrie nous avons les plus beaux sentiers au Québec! »
Pour sa part, Jacques Tremblay considère que le sport équestre de loisir se porte plutôt bien, mais les choses changent. « Au Québec on compte de plus en plus de cavaliers propriétaires. Deux trois acres, une petite cabane et un cheval. C'était ça il y a quarante ans et aujourd'hui ça revient. Pour la relève, ça demeure toutefois un peu plus difficile. »
Idem pour les droits de passage, une tâche sans fin pour tous les organismes en quête de développer des sentiers, qu'ils soient motorisés ou non. « La plupart des propriétaires terriens sont très gentils et très généreux, explique M. Tremblay. Par contre, on perd souvent un droit de passage lorsqu'il y a une vente ou que le propriétaire décède. » Autre réalité et non la moindre, la perte d'un droit de passage en raison de la présence non autorisée de VTT et de motocross, le propriétaire alors échaudé, ferme l'accès à sa propriété.
Pour le futur, Jacques Tremblay compte miser sur le développement de nouveaux partenariats avec le milieu, de même que poursuivre sa vision de voir un jour les différents usagers, incluant les chevaux, cohabiter en harmonie dans les parcs et sentiers du Québec. « Je vois un changement, il suffit d'être patient et d'être constant », conclut M. Tremblay.