Aucun dermatologue en poste au CHUS

Il y a présentement un bris de service en dermatologie au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) du CIUSSS de l'Estrie-CHUS. C'est la deuxième fois en cinq ans que survient une telle situation. Les deux seuls dermatologues toujours en poste travaillent à temps partiel et assurent uniquement la priorisation des nouvelles demandes, les cas de photothérapie et certains dossiers urgents.
»La raison principale du bris de service est exceptionnelle. Trois de nos jeunes dermatologues sont en congé de maternité en même temps. Leur retour est prévu au début de l'année 2016», explique la Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.
La situation n'est pas «si différente en Estrie qu'ailleurs au Québec» où les dermatologues se font rares dans la plupart des régions. En effet, dans une majorité d'établissements de santé, il est impossible chaque année de remplir les plans régionaux d'effectifs médicaux (PREM) autorisés par le gouvernement.
«Notre plan d'effectifs médicaux n'est pas complet en Estrie. Il prévoit six dermatologues pour les adultes et un en pédiatrie. Nous avons cinq personnes identifiées pour combler ces postes sur une possibilité de sept. Nous sommes en meilleure position que plusieurs régions du Québec puisque nous avons réussi à recruter après la crise de 2011. Cela nous a permis par la suite de reprendre un bon rythme sur le plan des consultations en dermatologie», ajoute Dre Bellavance.
Elle tient aussi à souligner le travail qu'on fait les dermatologues avant de partir pour leur congé de maternité. «Elles ont fait un travail phénoménal de révision de leurs cas pour s'assurer que les patients nécessitant des suivis urgents allaient être pris en charge», se réjouit Dre Bellavance.
Les cas électifs sont cependant restés sur la liste d'attente.
Contrairement à la situation de 2011, il a été impossible pour le CHUS de créer des corridors de service officiels, par exemple d'envoyer tous les cas urgents dans un autre hôpital.
«Il semble que l'ensemble du Québec soit aux prises avec une situation difficile en dermatologie. Nous avons cependant une entente pour la pédiatrie où l'hôpital Sainte-Justine nous aide pour les cas urgents.»
Comme ce fut le cas lors du bris de service de 2011, les cas urgents de la clientèle adulte sont référés à d'autres spécialistes du CHUS qui ont aussi une expertise dans certains domaines de la dermatologie : ORL, chirurgie plastique, chirurgie générale et immunoallergologie.
Crise moins grave qu'en 2011
Rappelons qu'en 2011, le départ simultané de trois dermatologues pour des raisons personnelles avait causé une véritable crise : au plus fort de la période du bris de service, plus de 10 000 patients se trouvaient sur la liste d'attente!
«La situation, aujourd'hui, n'est pas comparable à la crise de 2011. Nous avons aussi une très bonne collaboration des médecins de la première ligne. En 2012, nous leur avons offert une formation pour développer leur expertise afin qu'ils puissent prendre leurs patients en charge eux-mêmes», fait savoir Dre Bellavance.
Il faudra patienter jusqu'au mois de février prochain pour que la situation revienne à la normale. Les dermatologues reviendront coup sur coup de leur congé de maternité. «Nous prévoyons aussi de nouveaux recrutements pour combler notre plan d'effectifs médicaux en 2016-2017», assure Colette Bellavance.
Patients en attente d'une consultation le 10 juillet
Priorité A (urgent): 7 patients
Priorité B (semi-urgent ou électif): 1636 patients
Priorité C (non urgent): les patients sont retournés à leur médecin de famille qui doivent les prendre en charge