À Queenstown, avec le lac et les montagnes, l'ambiance est propice à la contemplation.

Après la pluie...

En bon Québécois, j'utilise souvent la météo comme moyen d'amorcer une conversation. «Dire qu'il neige encore!» ou «Enfin, on voit le soleil» permettent les discussions innocentes dans les files d'attente à l'épicerie... ou en attendant de passer la sécurité à l'aéroport.
Mais la vérité, c'est que je m'en balance de la météo. Je ne regarde pas les bulletins pour prévoir ce que je porterai demain. En mettant le nez dehors, s'il pleut, j'agripperai mon parapluie, point final. Je ne me préoccupe donc pas du ciel qui risque de me tomber sur la tête quand je me trouve en pays étranger.N'empêche, je suis particulièrement chanceux. On touche du bois! La pluie et les intempéries, elles vont généralement voir ailleurs si j'y suis quand j'annonce ma présence. Et j'ai développé une stratégie assez simple merci pour pallier aux sautes d'humeur des cumulonimbus. Je garde d'emblée la visite des musées pour les journées où la pluie tombe à l'horizontale. Si le beau temps me sourit, j'aurai tout le loisir d'apprécier les oeuvres d'art à la fin du voyage.
Mais il y a toujours ces exceptions qui nous forcent la main. Je dois le dire, les solutions qui me sont jusqu'à maintenant apparues m'ont surpris au point de me faire apprécier les précipitations.
J'avais composé avec les menaces du temps depuis trois jours à Wellington, capitale bipolaire d'un pays bipolaire, la Nouvelle-Zélande. Bipolaire parce que le ciel crie à la pluie sans jamais tomber et que le soleil cligne des yeux pour nous envoyer un crachin inattendu quelques fois par jour.
En voyant que dame Nature parlait des deux côtés de la bouche, je n'ai pas hésité à m'égarer dans Te Papa, le musée national de la Nouvelle-Zélande. Une fois mes options épuisées, j'ai réservé mon billet de traversier qui me mènerait vers l'île du Sud, à Picton. Alors que j'emballais mes affaires pour m'éclipser rapidement le lendemain matin, une autre voyageuse m'a annoncé que le traversier était annulé pour les deux prochaines journées. Intempéries obligent.
Intempéries, ça veut dire pluie. Ça veut dire mauvaise nouvelle pour celui qui avait déjà épuisé ses options pour les activités d'intérieur. Pas question, donc, de rester coincé à Wellington.
Pour quelques dollars de plus qu'une promenade en bateau dans le détroit de Cook, j'ai déniché un billet d'avion vers Queenstown, tout au sud du pays. Aux grands maux les grands moyens, pour un déplacement d'une même durée, j'irais beaucoup plus loin.
Pendant que le traversier tanguait au port, ballotté par des vagues qui l'auraient sûrement renversé au milieu du détroit, mon avion transperçait les nuages et se posait, une heure plus tard, sur une piste ensoleillée. Pied de nez aux imprévus.
Plutôt que d'attendre patiemment que le traversier obtienne le feu vert pour reprendre ses activités, je logeais tout à coup au pied d'une montagne, à un jet de pierre du lac Wakatipu, et j'enfilais mes galoches pour une ascension en forêt.
Du haut de la montagne, la vue à 360 degrés était imprenable. L'horizon se perdait au loin et ne savait plus où s'arrêter tellement le temps était clair. Du sommet conquis, je réalisais que mon saut de mouton forcé me serait particulièrement profitable.
On m'avait vanté l'île du Sud, le tempérament calme de ses habitants, la nature à perte de vue, le tic tac du temps qui ralentit.
Je ne verrai peut-être jamais Picton, mais je suis particulièrement heureux d'avoir découvert Queenstown. J'ai marché partout, pris le temps de m'installer seul, dans un coin silencieux près du lac. Il y a ces gens que j'y ai rencontrés, cette excursion à Milford Sound pour voir ses fjords impressionnants, ces moments de calme absolu où j'ai appris à contempler... Des fois, je me dis que je préfère quand il pleut.
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