Annie Godbout

Annie Godbout: «On n'a pas terminé nos devoirs»

Bien que le lac-à-l'épaule des élus sherbrookois ait permis de dégager un certain consensus concernant la réforme de la structure politique, la conseillère du district de Rock Forest Annie Godbout estime que le travail n'est pas terminé. Les questions des économies et de la centralisation des services de parcs et des loisirs manquent encore de limpidité selon elle.
« J'ai l'impression qu'on n'a pas terminé nos devoirs. C'est un dossier qui passe encore trop vite. Le projet de réforme du maire (Bernard Sévigny) comptait 32 points. Dans la journée de samedi, nous avons discuté des points 1 à 7 et du point 11. Le reste, il n'en a pas vraiment été question. Toute la question de la gestion des parcs et des loisirs, pour moi, ce n'est pas clair. J'ai hâte de voir le libellé de la proposition.
« Une autre question majeure qui n'a pas été abordée, c'est le type d'engagement qu'on prend par rapport aux économies générées. Je trouve ça malheureux, parce que la population appuie la réforme sur la base des économies, mais nous ne savons pas où elles seront réinvesties. Faire plus avec moins, c'est un beau slogan publicitaire, mais il faut bien informer le citoyen sur la suite des choses. »
Rendre des comptes
Annie Godbout croit toutefois que certains dossiers sont relativement réglés, comme le nombre de conseillers et d'arrondissements. « Pour la structure politique, je crois que nous pouvons aller de l'avant, mais pour le volet de la centralisation ou de la décentralisation, je risque de vouloir reporter le vote parce que je ne sais pas ce qu'on nous présentera. Le 3 mars, je serai à l'aise de prendre certains engagements, mais il faudra revenir sur les économies générées. Il faut être en mesure de rendre des comptes à la population. Les gens s'attendent à ce que l'argent aille dans les routes, dans le remboursement de la dette, mais comme conseillère, je n'ai pas ces informations. »
Au moment de prendre un vote indicatif sur la proposition de réforme, samedi, Annie Godbout s'est abstenue. « Ç'a été un réflexe de vigilance, parce que la réforme n'est pas un dossier simple. Au moment du vote, je n'avais pas un portrait clair de tous les éléments qu'elle comporte. Nous n'avions pas encore parlé de la centralisation et des pouvoirs des arrondissements. Je suis pour la décentralisation parce que je veux faire de la politique de proximité. Moins on a d'élus, plus c'est difficile à exercer. L'implication citoyenne est importante à plusieurs égards et tout ce volet-là a été éclipsé des discussions. »
Quant à l'un des sujets de discorde, la possible fusion entre Brompton et l'arrondissement de Rock Forest-Saint-Élie-Deauville, Mme Godbout se montre compréhensive. « Je n'ai pas été élue pour défendre les intérêts de Bromptonville, mais je peux comprendre ce qu'ils perdent avec la disparition de deux conseillers d'arrondissement. Ça m'agace de ne pas respecter les engagements pris lors de la fusion, mais il faut que tout le monde mette de l'eau dans son vin. Au hockey, avant le Shermont, les Mineurs étaient l'équipe de Rock Forest, Saint-Élie et Brompton. Le regroupement était déjà naturel et Brompton fait déjà partie de la famille. »
Comme sa collègue Chantal L'Espérance, elle a noté une réticence du maire à démanteler son propre arrondissement. « Pour lui, c'est une fusion réussie, mais j'ai été surprise de voir que deux comités ont été abolis parce qu'on n'arrivait pas à trouver une cohésion dans l'arrondissement. Je crois toutefois que le dynamisme des gens de Brompton peut être très inspirant. »
Loin d'être fermée, Annie Godbout assure qu'elle fera preuve d'ouverture jusqu'au vote du 3 mars.