Le Sherbrookois Patrick Scalabrini tente de conduire les Capitales de Québec à un sixième championnat de suite dans le Ligue Can-Am de baseball.

Année de transition pour Scalabrini

Le succès colle à la peau de Patrick Scalabrini depuis qu'il a troqué ses crampons pour le poste de gérant des Capitales de Québec dans la Ligue Can-Am de baseball. Pour la première fois depuis les débuts du Sherbrookois à la barre de l'équipe en 2010, quelques nuages flottent cependant au dessus du terrain de la Vieille Capitale.
Loin d'être catastrophique, le parcours des Capitales est plus sinueux que ce à quoi leurs partisans ont été habitués au cours des dernières saisons. Avec une quarantaine de matchs à jouer, la troupe de Scalabrini occupe actuellement le troisième et avant dernier rang au classement général en vertu d'une fiche de 30 victoires contre autant de défaites (en date du 27 juillet). Une position inhabituelle pour la formation qui a remporté le championnat au cours des cinq dernières saisons, dont quatre sous la gouverne de Scalabrini.«Je savais en amorçant la saison que nous traverserions une période de transition parce que nous avons perdu quelques gros morceaux l'an passé. Par contre, je pensais que nous serions meilleurs que ce que notre fiche démontre depuis le début de l'année, souligne l'entraîneur de 38 ans. Les choses vont mieux depuis quelques semaines, mais nous avons de la difficulté à rattraper le temps perdu.»
Seules les deux premières équipes au classement général s'affrontent dans une série quatre de sept en fin de saison pour déterminer le gagnant du championnat.
«Nous espérons toujours participer aux séries éliminatoires, mais ça ne sera pas facile, affirme Scalabrini. On ne pourra pas se permettre longtemps de jouer pour .500 si nous souhaitons y arriver.»
Difficile au monticule
Contrairement aux dernières saisons où les Capitales étaient intraitables au monticule, c'est au bâton que la troupe de Scalabrini connaît le plus de succès cet été alors que Sébastien Boucher, Asif Shah et Balbino Fuenmayor occupent les trois premiers rangs du circuit au chapitre de la moyenne.
«Habituellement, nous avons les meilleurs lanceurs de la ligue et nous terminons toujours premiers au niveau des points mérités, alors qu'au bâton nous sommes corrects, sans plus, souligne le gérant. Mais cette année, nous avons quelques jours dominants offensivement qui sont premiers dans la plupart des catégories, mais c'est au monticule que c'est un peu plus difficile. Les victoires viennent moins facilement de cette façon.»
Malgré les difficultés de son équipe, celui qui disputé 650 parties chez les professionnels en conservant une moyenne au bâton de .293 avec 74 coups de circuits et 397 points produits, continue d'adorer son boulot.
«J'adore vraiment ce que je fais avec les Capitales. Je suis responsable des opérations baseball de A à Z. Je recrute, je signe les joueurs et je suis entraîneur-chef sur le terrain. C'est évident que ça m'apporte une pression supplémentaire qui me garde éveillé lorsque ça ne va pas bien, mais je ne peux pas me plaindre», assure Scalabrini, tout en avouant avoir des décisions difficiles à prendre cette saison.
«Il y a encore plusieurs joueurs qui étaient là au cours des cinq dernières années lorsque nous avons remporté des championnats. C'est embêtant de faire des changements lorsque tu as des gars qui ont prouvé par le passé qu'ils sont des gagnants, affirme-t-il. Je continue de leur faire confiance parce que je sais que les choses peuvent changer rapidement. Nous ne sommes pas si loin d'une place en séries.»
Former la relève
En plus de son travail avec les Capitales de Québec, Patrick Scalabrini consacre beaucoup de temps à la relève, lui qui est également d'entraîneur au programme sport-études de l'école Cardinal-Roy à Québec.
«Avec le départ des Expos, le baseball y a goûté sévèrement. Les inscriptions étaient à la baisse partout au Québec. Depuis environ cinq ans, la tendance a cependant changé. Et cette année, nous avons connu de loin la meilleure année depuis que les Expos sont partis à Washington. Il y a beaucoup de jeunes qui ont essayé le soccer qui tentent maintenant le baseball. Ce sont les enfants les parents de ma génération qui ont tripé sur les Expos.»
Aux dires de Scalabrini, le Québec connaît actuellement un creux de vague en ce qui a trait à sa représentation dans les divers circuits affiliés au baseball majeur, conséquence directe du départ des Expos.
«Ça concorde exactement avec les années difficiles que le baseball a connu au début des années 2000, affirme-t-il. C'est dommage parce que nous ne pouvons pas ramener ces joueurs-là avec les Capitales lorsque vient le temps de terminer leur carrière.
«Il y a par contre beaucoup de signes encourageants qui nous permettent de croire que cette situation ne sera que temporaire, notamment en raison de la naissance de plusieurs programmes sport-études un peu partout au Québec, enchaîne-t-il. Ce sont de bonnes nouvelles pour les gens comme moi qui veulent des joueurs de baseball dans la province.»
L'hiver à Sherbrooke
Toujours attaché à sa ville natale, Patrick Scalabrini se fait un devoir de redonner aux jeunes de la région en s'impliquant dans le programme sport-études de la polyvalente le Triolet dirigé par son bon ami Steve Langlois.
«Je suis en quelque sorte le directeur technique. Durant la saison morte, je viens passer deux à trois jours par mois avec les jeunes afin de les aider à se développer. C'est quelque chose de très important pour moi», termine-t-il.