Les 339 enfants fréquentant le Collège de Saint-Ambroise/Bon Pasteur vivront cette expérience pendant un an.

Anglais intensif en 6e année: le SEE plaide la prudence

Le Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE) plaide la prudence en matière d'implantation de l'anglais intensif dans les écoles. « S'il y avait une pause, on serait favorable », commente le président du SEE, Richard Bergevin, qui aimerait que le milieu puisse prendre connaissance de deux rapports attendus sur le sujet.
Aux yeux du SEE, l'anglais intensif s'avère lourd pour les enseignants et on en sait peu sur les répercussions sur les élèves. Cinq nouvelles écoles pourraient offrir l'anglais intensif sur le territoire de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) à compter de l'année scolaire 2015.
L'École nationale d'administration publique (ENAP) doit déposer, à la demande de Québec, un rapport qui se penche sur l'enseignement de l'anglais intensif dans les écoles de la province. Le Conseil supérieur de l'Éducation (CSE) analyse aussi sur cette question.
Sur le territoire de la CSRS, l'école Champlain s'est questionnée à savoir si elle offrirait de nouveau le programme l'an prochain. Il sera finalement offert.
« Depuis deux ans, il n'y avait aucun enseignant titulaire qui voulait suivre les cours d'anglais intensifs », raconte M. Bergevin. Il souligne que les enseignants qui offrent ce cours doivent notamment gérer deux fins d'années et bien souvent composer avec une surcharge de travail, notamment en raison de la correction.
Une réflexion s'est faite au conseil d'école, qui comprend notamment les enseignants et la direction. Même si les enseignants n'étaient pas chauds à l'idée d'offrir le cours, ils se sont prononcés en faveur de son maintien.
L'organisation scolaire pour la prochaine rentrée n'est pas encore réglée, mais on peut penser que des enseignantes dites « précaires », avec moins d'ancienneté, pourraient se retrouver avec ces tâches, estime M. Bergevin.
Récemment, Le Soleil faisait état de la pression subie par les enseignants dans la région de Québec.
Même si l'offre de l'anglais intensif se fait sur une base volontaire, il s'agit d'un programme très demandé par les parents. Beaucoup d'écoles offrent la formule moitié-moitié, c'est-à-dire que les élèves apprennent l'anglais les cinq premiers mois, par exemple, et l'autre partie de l'année ils voient un condensé des autres matières. « Ça crée une pression importante sur le milieu. Ce n'est pas encore démontré que ça n'a pas d'impact négatif », note M. Bergevin en faisant allusion aux rapports attendus. M. Bergevin souligne que l'instance syndicale n'a rien contre l'apprentissage d'une seconde langue. « On ne veut pas que ça mette en péril d'autres matières (...) On pense qu'il n'y a pas d'urgence à implanter ces projets-là. »
Directrice générale adjointe aux affaires éducatives à la CSRS, Marie-Claude Lunardi rappelle que l'école Champlain a été la première école à offrir l'anglais intensif sans effectuer de sélection à la CSRS, il y a trois ans. Ce modèle est assez récent et tend à se développer.
Les résultats des élèves ont été analysés. « On veut s'assurer que les élèves sont en réussite. Les enfants ont maintenu leurs résultats. Ils ne sont pas nécessairement meilleurs, mais ils se maintiennent », dit-elle en soulignant que cela n'a pas affecté la réussite des élèves.
Certaines mesures d'aide ont été mises en place pour des enfants qui avaient des besoins plus spécifiques, comme l'aide au devoir. Quant au travail des professeurs, Mme Lunardi estime qu'enseigner l'anglais intensif demande un ajustement.
Rappelons que le gouvernement Charest avait annoncé l'implantation de l'anglais intensif pour tous les élèves de sixième année pour septembre 2015. Beaucoup d'écoles qui offraient l'anglais intensif jusque-là faisaient une sélection d'élèves pour ce programme. Le gouvernement Marois a toutefois fait marche arrière.
La décision d'offrir ou non le programme repose sur les conseils d'établissement, après consultation des enseignants.
À la CSRS, 11 écoles offriront l'anglais intensif à compter de la prochaine rentrée scolaire : six l'offriront sans sélection, et cinq en faisant une sélection des élèves au préalable. Actuellement, l'anglais intensif est offert en sixième année, mais l'offrir en cinquième année fait partie des options évaluées.