Marie-Sol St-Onge reçoit un appui indéfectible de son conjoint, Alin Robert, depuis qu'elle a subi une quadruple amputation en 2012. Le couple s'est arrêté à l'École Montessori Magog mercredi.

Amputée des bras et des jambes, elle livre un témoignage émouvant

Comment réagiriez-vous si on vous annonçait qu'on doit vous amputer les bras et les jambes? Sans doute très mal. En 2012, Marie-Sol St-Onge a été confrontée à une telle annonce après avoir subi les assauts de la bactérie mangeuse de chair. Elle a connu l'enfer, mais elle a repris goût à la vie et témoigne aujourd'hui de l'importance de persévérer pour atteindre ses objectifs.
Habitant Trois-Rivières, Marie-Sol St-Onge s'est arrêtée mercredi à l'École Montessori Magog, où elle a livré un témoignage devant les élèves de l'établissement scolaire. Ses bras et ses jambes à demi-robotisés ont suscité l'intérêt des enfants.
Avant de perdre ses avant-bras et la presque totalité de ses jambes, la Trifluvienne exploitait une petite entreprise de peinture artistique, Les Illusarts. Elle aimait bouger et se préoccupait de sa santé.
Tout a basculé pendant la semaine de relâche scolaire de l'hiver 2012. Un des garçons de Marie-Sol et son conjoint, Alin Robert, ont souffert brièvement d'un mal de gorge. Puis la jeune mère de famille a été malade à son tour.
« Dans mon cas, la petite maladie a commencé à ressembler à une gastro, raconte-t-elle. Quelques jours plus tard, mes symptômes étaient toujours là. Une nuit, ma respiration est devenue difficile. Je pensais que j'étais stressée, mais je ne comprenais pas bien pourquoi. Au petit matin, j'avais les lèvres bleues. Je ne respirais presque plus. »
Rapidement prise en charge au moment de son arrivée à l'hôpital, Marie-Sol a été plongée dans un coma artificiel, une mesure prise pour faciliter son retour à la santé.
Après des tests, les médecins ont conclu que le corps de la Trifluvienne hébergeait deux ennemis : la bactérie mangeuse et un staphylocoque. Son état a engendré une diminution du flux sanguin dans ses membres, ce qui a mené à sa quadruple amputation.
« J'ai fait six jours de coma et je me suis réveillée ensuite. J'ai réalisé que ça n'avait pas bien été. Mes bras et mes jambes ne bougeaient plus. J'ai appris par la suite ce que signifient les mots patience et persévérance », explique-t-elle.
Si elle semble dotée d'un courage à toute épreuve, Marie-Sol St-Onge admet néanmoins qu'elle a beaucoup « pleuré la perte de ses orteils et ses doigts » avant de recommencer à envisager la vie plus positivement.
Avancer
Son désir de marcher et de peindre à nouveau, malgré l'amputation de ses membres, l'a grandement motivée à faire les efforts nécessaires pour se rétablir physiquement.
Grâce à la générosité du public, des travaux ont pu être effectués dans la maison de Marie-Sol St-Onge pour que sa vie soit facilitée. Un ascenseur a notamment été installé à l'intérieur.
Elle a également reçu des mains artificielles de grande qualité qui lui permettent, par exemple, de saisir de la nourriture et de tenir un pinceau. Ses jambes sont équipées de microprocesseurs facilitant ses déplacements.
« C'est la preuve qu'il ne faut pas abandonner. À l'hôpital, j'avais l'impression d'être dans un brouillard. Et, dans un brouillard, il faut aller vers l'avant. C'est la seule chose à faire. J'ai continué à mettre un pied devant l'autre. Tout ne se règle pas du jour au lendemain, mais le secret c'est d'avancer. »