Alliance Magnésium a entrepris des discussions avec la multinationale Glencore, qui possède les terrains jadis occupés par la défunte Magnola, pour y implanter son usine de production de magnésium.

Alliance Magnésium avance à grands pas

L'entreprise Alliance Magnésium souhaite démontrer rapidement le sérieux de son projet d'implantation d'une usine de production de magnésium à Asbestos. Déjà, une entente a été conclue pour assurer son approvisionnement en matière première avec Mine Jeffrey et des études sont en cours quant à la localisation de son usine de production, possiblement sur l'ancien site de Magnola ou encore celui de Mine Jeffrey.
L'entente avec Mine Jeffrey pour assurer son approvisionnement à partir des résidus de serpentine rejetés pendant plus d'un siècle par cette minière a aussi été acceptée par le gouvernement du Québec, qui poursuit toujours une négociation avec la direction de Mine Jeffrey. Cette dernière a mis fin au projet d'exploitation de sa mine souterraine de chrysotile à la suite du retrait du prêt de 58 M$ qui lui avait été consenti. La minière a dû se résoudre à abandonner ses droits miniers afin d'officialiser avec le gouvernement du Québec une entente relative aux compensations à être consenties pour les impacts de cette décision gouvernementale. La conclusion de cette entente se fait toujours attendre.
D'autre part, Alliance Magnésium a entrepris des discussions avec la multinationale Glencore, qui possède les terrains jadis occupés par la défunte Magnola, pour y implanter son usine de production de magnésium. C'est le site actuellement privilégié étant donné que ces vastes terrains sont déjà desservis par des lignes électriques de forte capacité, les infrastructures d'aqueduc et d'égouts et un réseau routier adapté. Une autre option est également envisagée, soit des espaces du complexe de Mine Jeffrey actuellement disponibles qui pourraient également très bien convenir à cet ambitieux projet d'exploitation du magnésium.
Ces informations ont été confirmées par le président d'Alliance Magnésium, Joël Fournier, qui a annoncé la construction dès cette année d'une usine-pilote de 10 millions de dollars pour évaluer le procédé de fabrication. Une usine majeure créant 300 emplois devrait suivre d'ici 2018.
Ce projet, qui, vraisemblablement, devra passer des audiences du BAPE, devra susciter l'acceptabilité sociale du milieu. La municipalité d'Asbestos vient à cet effet d'entreprendre la formation d'un comité de vigie du projet formé d'élus, de citoyens et d'intervenants divers intéressés à la venue de cette entreprise. «Le mandat de ce comité sera d'accompagner le promoteur dans la construction d'un projet acceptable selon une grille d'analyse déjà existante. L'objectif est de s'assurer que le projet est respectueux des attentes de la population, de l'environnement et que les retombées économiques se feront sentir dans notre région. Ce ne sera pas un comité formé par cette entreprise, mais par la municipalité pour assurer une entière transparence et effectuer avec grand sérieux le suivi de la démarche de cette entreprise», a signifié son maire, Hugues Grimard.
Le conseil municipal d'Asbestos a annoncé également la formation d'un autre comité dit «d'acceptabilité sociale», qui l'assistera lors de la présentation d'autres projets par des promoteurs et évaluera les avantages ainsi que les contraintes de tels projets, ce qui permettra au conseil municipal de savoir le degré d'acceptation des citoyens du milieu. Pour ce faire, il fera un appel de candidatures afin de recruter des personnes intéressées à occuper l'un des postes citoyens sur ce comité.
Projet bien perçu
Claude Grondin connaît bien le milieu minier ayant lui-même travaillé 40 ans comme arpenteur à la mine Jeffrey. «Pour moi, si ce projet se concrétise, c'est la planche de salut pour Asbestos. C'est prometteur et ce matériau sera de plus en plus demandé pour l'industrie automobile, c'est certain. Notre net avantage est que la matière première se retrouve chez nous, ce qui a permis la venue de cette entreprise.»
Pendant 34 ans, Robert Martel a été superviseur en mécanique à la mine. Il espère que le projet va réussir cette fois-ci avec la nouvelle technologie mise de l'avant. «Tout ce que nous pouvons faire, c'est d'espérer que ça fonctionne. Nous avons besoin de créer des emplois chez nous. Je n'aurais jamais pensé revoir une industrie axée sur le magnésium à Asbestos après l'échec de Magnola. Ce projet est bon économiquement, nos commerces en profiteront. Il faut d'abord attendre le résultat de l'usine pilote avant de trop s'enthousiasmer, mais je demeure très positif pour l'avenir.»
Venu s'établir à sa retraite à Asbestos, Jean-Pierre Boyer se réjouit d'abord pour les gens qui y trouveront un emploi. «Les débouchés sont multiples pour la région. Je suis particulièrement enchanté qu'on nous promette une usine propre, ce qui reste à valider, il va de soi. La valeur de nos propriétés est présentement à un faible niveau, la venue d'Alliance Magnésium devrait amener un retour à un meilleur équilibre.»
«C'est une belle entrée pour le développement de notre région, pour une fois on ne parle pas d'études, mais d'un projet concret. C'est un pas dans la bonne direction, une Magnola en plus gros», lance Camille Tremblay qui a travaillé à la mine Jeffrey pendant 42 ans.