Aide aux devoirs: la CSRS devra les «refaire», ordonne le ministre de l'Éducation

Ayant coupé complètement l'allocation de l'aide aux devoirs, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) devra « refaire ses devoirs », selon l'attachée de presse du ministre de l'Éducation, Yasmine Abdelfadel. Contrairement à la Commission scolaire des Patriotes qui devra composer avec un vérificateur général parce qu'elle a sabré totalement l'aide aux devoirs, la CSRS n'a pas reçu de tel mandat de vérification.
« On ne leur a pas envoyé et on a bien vu qu'elle a choisi de couper... C'est inacceptable, on ne permettra pas ça! » a lancé Mme Abdelfadel.
Pourquoi envoyer un mandat de vérification à la Commission scolaire des Patriotes, mais non à la CSRS? « La Commission scolaire des Patriotes a complètement aboli l'aide », a d'abord répondu Mme Abdelfadel. Or, la CSRS a aussi complètement coupé l'aide aux devoirs, a fait valoir La Tribune.
« Personne n'est à l'abri d'un mandat de vérification. Le message est clair pour toutes les commissions scolaires, on leur demande de réduire dans les structures... » Si elles ne le font pas, un vérificateur général le fera à leur place, note-t-elle.
« On laisse à la commission scolaire le temps de refaire ses devoirs et de nous revenir », a ajouté Mme Abdelfadel.
Les médias ont fait état de la décision de Québec d'envoyer un vérificateur général à la Commission scolaire des Patriotes, qui a supprimé l'aide aux devoirs. L'organisation devra donc ouvrir ses livres au vérificateur. Québec en a aussi envoyé un à la Commission scolaire de Montréal, qui a refusé d'effectuer la totalité des compressions demandées. Comme la Commission scolaire English-Montréal refuse également, Québec pourrait aussi lui envoyer le vérificateur.
En septembre, la CSRS a adopté un plan de redressement de 3 M $ à la suite d'un budget déficitaire du même montant, découlant de compressions imposées par le gouvernement. La CSRS devait trouver 1,8 M $ pour l'année en cours, et quelque 1,2 M $ d'ici 2016-2017.
La CSRS a aussi réduit l'aide alimentaire,le personnel cadre et syndiqué, la formation du personnel, etc.
Dans les mesures du plan, la CSRS a entre autres supprimé l'aide aux devoirs. Elle a aussi réduit l'aide alimentaire, le personnel cadre et syndiqué, la formation du personnel, etc.
Est-ce que les commissions scolaires pourraient recevoir une consigne ministérielle exigeant de ne pas réduire l'aide aux devoirs, comme ce fut le cas pour le budget accordé aux livres? À ce sujet, l'attachée de presse du ministre de l'Éducation Yves Bolduc indique que cette consigne demandait de protéger les services directs aux élèves.
Cette consigne a été envoyée après que le Ministère eut d'abord permis aux commissions scolaires de réduire le budget consacré aux livres. Le ministre Bolduc a suscité l'indignation en déclarant que réduire l'achat des livres ne ferait pas mourir les élèves. Il est ensuite revenu sur ses propos, tout en demandant aux commissions scolaires de ne pas toucher aux livres.
« On va être à l'aise d'expliquer nos choix », clame pour sa part le président de la CSRS, Gilles Normand. « Il y avait des choix qu'on ne pouvait pas faire. » Les quelque 1,8 M $ devaient être pigés dans un ensemble de mesures ciblées de 5,6 M $. Or, sur ces 5,6 M $, il y avait 2,2 M $ que la CSRS pouvait réellement retrancher. Certaines mesures ne pouvaient être comprimées en raison de la convention collective ou d'engagements qui avaient été pris. Couper 1,8 M $ sur une possibilité 2,2 M $, la marge de manoeuvre était bien mince, plaide l'organisation, en rappelant que les dernières compressions sont arrivées en pleine période estivale, alors que le budget aurait dû être adopté. « S'il nous envoie quelqu'un, on expliquera nos choix », note M. Normand, en ajoutant que la CSRS n'a pas touché aux services directs aux élèves.
Quant à la possibilité de regrouper certains services avec d'autres organisations de la région, la CSRS rappelle qu'elle collabore avec ses pairs pour plusieurs services, dont le programme d'aide aux employés, les assurances, etc.