Agriculteur et passionné

Fermier de profession et de coeur, François Bourassa cultive le souhait de voir les agriculteurs être reconnus à leur juste valeur. Et pour que ce souhait prenne racine, il n'hésite pas à y investir temps et efforts. Son secret? Aimer ce qu'il fait, tout simplement.
«Il faut que je m'amuse partout où je passe», affirme le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) de l'Estrie depuis cinq ans. Lui-même producteur laitier et acériculteur, il connaît les enjeux que rencontrent les agriculteurs aujourd'hui. Et que ce soit à la Conférence régionale des élus (CRÉ) ou comme membre du conseil d'administration d'Agri-Traçabilité Québec, il souhaite redonner au travail sur la terre ses lettres de noblesse.
«Ce prix, je le reçois au nom de l'ensemble des producteurs et des productrices agricoles qui font de très longues heures de travail et qui n'ont pas toujours la considération qu'ils méritent», soutient-il.
Peu importe qu'il doive lui-même sacrifier quelques heures de sommeil, l'enjeu en vaut la chandelle. L'objectif est de démystifier le travail d'agriculteur et surtout, de démontrer l'impact qu'un cultivateur peut avoir bien au-delà de son champ.
«La reconnaissance et l'importance économique des agriculteurs, ce n'est pas un réflexe chez les élus», constate-t-il. Ni au sein de la population, qui n'arrive pas toujours à s'imaginer le long chemin qu'a parcouru un produit avant de se retrouver sur les tablettes d'épicerie.
L'agriculture a pourtant plus d'une fonction. «D'abord, on est des jardiniers du paysage, on occupe le territoire et on sert à nourrir la population», énumère M. Bourassa, avant de donner un exemple concret. «C'est à cause des agriculteurs qu'on a de si beaux paysages en Estrie, qu'il y a des percées. Sinon, imaginez la route entre Bolton et Sutton, ce ne serait que de la forêt», dit-il.
La réputation qui précède les producteurs agricoles n'est pas pourtant pas celle d'experts jardiniers.
«En agriculture comme dans les autres secteurs, il y a quelques cowboys. Mais la très grande majorité des agriculteurs prennent soin de leur sol, de leur eau, de leurs animaux. Les quelques écarts de conduite de certains font en sorte qu'ils ont toute l'attention», dénonce-t-il.
Le pouvoir de la solidarité
Si François Bourassa tient à rapprocher le producteur agricole du consommateur, c'est qu'il est convaincu que ce dernier a un pouvoir. «Le vote le plus important que tu peux faire, c'est le dollar que tu dépenses», juge-t-il.
Imaginons par exemple que chaque citoyen du Québec achète 30 $ de plus par année de produits locaux. «Tu créerais alors 1 milliard de richesses de plus par année au Québec», estime-t-il
Mais il n'y a pas que le monde agricole qui doit se serrer les coudes. Au-delà de son travail comme président de l'UPA-Estrie, François Bourassa croit que c'est toute la région qui gagne à travailler ensemble. «Il faut faire en sorte que l'intérêt collectif passe avant l'intérêt individuel», prêche-t-il.
Ce n'est pas pour rien que ses collègues le disent rassembleur. Il y croit, à la solidarité. Et l'un des chemins qu'il aime emprunter pour faire converger les opinions est celui de l'humour. «Tu peux avoir des discussions sérieuses, mais si tu y mets un peu d'humour, il est plus facile de trouver des solutions», avance-t-il.
Loin d'être une corvée, ce travail de rassembleur lui permet plutôt de multiplier ses idées, tout en les enrichissant de celles des autres. «Je ne peux pas penser à la retraite, parce que je n'ai pas encore commencé à travailler. Il faut toujours que je m'amuse», laisse-t-il tomber en souriant.
Est devenu propriétaire de sa ferme, F & C, en 1978;
A six enfants d'un premier mariage qui a duré 33 ans et six petits-enfants;
A une nouvelle conjointe depuis trois ans, ce qui agrandit la famille de quatre enfants;
A récemment participé à Leucan Défi Têtes rasées;
Président de l'UPA-Estrie depuis 5 ans;
Représentant socio-économique à la Conférence régionale des élus pour le secteur Territoire;
Membre du conseil d'administration d'Agri-Traçabilité Québec.